L’éthylotest anti-démarrage viendra-t-il avant le permis à points ?

Le permis à points figure noir sur blanc dans l’accord de gouvernement. Une étude de faisabilité est aujourd’hui à l’étude. Les résultats seront connus en fin d’année, selon le ministre de la Mobilité, François Bellot. « L’IBSR a été chargée de faire un benchmarking sur le permis à points et de finaliser une étude comportementale. Outre une étude comparative du système de permis de conduire à points appliqué dans quelques pays européens, mon cabinet examine, avec l’IBSR, la faisabilité du système en Belgique. Le calendrier de mise en œuvre du permis de conduire à points dépendra des résultats de l’étude », a expliqué François Bellot.

Il a cependant tenu à rappeler quelques chiffres émanant de pays voisins. « En France, on a introduit le permis à points et le nombre de tués a d’abord baissé, mais aujourd’hui 23 % des personnes ayant subi un retrait du permis continuent à rouler et ils sont 40 % en Angleterre. »

Si on le sent sceptique quant au permis à points, le ministre semble préférer l’éthylotest anti-démarrage. « Nous voulons l’éthylotest anti-démarrage parce que l’étude néerlandaise montre que les gens contrôlés à 1,8 g/l ont déjà été contrôlés dans 75 % des cas, ivres au volant. La règle impose à 1,8 le retrait de permis de 3 à 6 mois et une amende de 3 à 9 000 euros. Le retrait de permis constitue une sanction sociale et peut entraîner la perte de son travail. Ce n’est pas de la prévention, contrairement à l’éthylomètre au démarrage. Toutes les études hollandaises montrent que cette pratique fait baisser de 90 % les conducteurs qui prennent le volant en ayant bu. »

Et il ajoute : « L’instauration d’un éthylotest anti-démarrage est complémentaire au permis de conduire à points. Il n’est dès lors pas nécessaire d’attendre les résultats de l’évaluation de celui-ci. Entre 2003 et 2008, l’IBSR a assuré la coordination d’un projet pilote sur l’éthylotest anti-démarrage. La communauté scientifique s’accorde pour reconnaître que, par rapport aux mesures classiques, le recours à ce dispositif réduit de 40 à 95 % la récidive en matière de conduite sous influence. »