Bureau fédéral du Plan : « Les voitures de société coûtent 905 millions par an »

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Après avoir prédit encore davantage d’em bouteillages en 2030, voilà désormais le Bureau fédéral du Plan s’est amusé à analyser l’impact de la fiscalité actuelle sur la voiture de société.

Selon le Bureau fédéral du Plan, donc, la détention d’une voiture de société pousse les ménages à détenir des véhicules de plus grande valeur (+ 62 %) et à utiliser davantage la voiture pour les déplacements domicile-lieu de travail et privé. Ces derniers parcourraient ainsi près de 6.000 kilomètres de plus chaque année.

« Cette surconsommation s’accompagne d’une perte de bien-être qui représente plus de 2.300 euros annuels par voiture de société en circulation », analyse le Bureau fédéral du Plan.

Plus de voitures, plus chères…

La mise à disposition d’une voiture de société a un effet significatif sur les choix des ménages : ceux qui en bénéficient détiennent plus de véhicules, de valeur plus élevée.

« Ainsi, dans les ménages ayant à leur disposition une voiture de société, la plus grosse voiture a en moyenne une cyclindrée supérieure de 5 % et une valeur supérieure de 62 % en comparaison des ménages de caractéristiques similaires ne disposant que de voitures privées. La présence d’une voiture de société s’accompagne également d’une hausse importante de la taille moyenne du parc automobile des ménages ; la probabilité de trouver plus d’une voiture au sein du parc du ménage étant supérieur de 24 points de pourcentage pour les ménages disposant d’une voiture de société, à caractéristiques égales. »

Tableau 1

Plus de kilomètres parcourus…

La mise à disposition d’une voiture de société implique un usage quasiment exclusif de la voiture comme moyen de transport pour le trajet entre le domicile et le lieu de travail, ainsi qu’un recours plus fréquent à la voiture pour des déplacements à titre privé.

« 93 % des détenteurs d’une voiture de société se rendent ainsi en voiture au travail. Ce qui est supérieur de 16 points de pourcentage à la proportion observée chez des travailleurs de caractéristiques équivalentes sans voiture de société. En conséquence de ce choix modal différencié, l’impact du régime fiscal sur les kilomètres parcourus en voiture au titre des déplacements domicile-travail est estimé à plus de 58 km par semaine, soit près de 2 800 km annuels. »

L’usage de la voiture pour des déplacements à titre privé est également plus fréquent, et pour des distances plus longues, chez les détenteurs de voiture de société.

« L’effet propre au régime fiscal est supérieur à 8 km par jour, soit plus de 2 990 km annuels », ajoute encore le Bureau.

Perte de bien-être social

« Les coûts liés à la perte de bien-être représentent 905 millions d’euros par an, soit 0,23% du PIB », conclut l’analyse du Bureau fédéral du Plan.

Cette perte englobe la perte économique liée à une détention excessive de voitures : les ménages sont incités à détenir plus de voitures, et des modèles plus chers, qu’ils ne le feraient naturellement, conduisant ainsi à une mauvaise affectation des ressources. Elle tient également compte des coûts environnementaux et de congestion externes additionnels entraînés par l’excès d’usage de la voiture, principalement pendant les heures de pointe.

Tableau 2

Renta : montrez-nous l’argent !

Frank Van Gool, Directeur général de Renta, a pris connaissance de l’étude et réagit comme suit : « L’étude est basée sur une enquête Beldam de 2010. En 2012, KPMG avait mené une autre étude avançant le chiffre de 2.000 km supplémentaires parcourus, au lieu des 6.000 avancés ici. Mais au-delà de ça, nous nous posons des questions quant au montant de 905 millions d’euros. Le Bureau fédéral du Plan internalise des coûts externes, le coût « théorique » des embouteillages, etc. Si l’on supprime demain la voiture de société, il n’y aura pas 900 millions d’euros en plus sur la table. Le Bureau fédéral s’est donc adonné à un exercice purement académique, théorique. En d’autres mots : qu’on nous montre l’argent ! »

Van GoolFrank Van Gool poursuit : « L’étude pointe, comme un reproche, que les voitures de société sont plus grandes et plus chères que les voitures des particuliers. La société tout entière devrait s’en réjouir, car si cette situation est vraie, elle engendre une véritable plus-value économique. » Pensons, notamment, aux rentrées en termes de TVA.

Le directeur de Renta s’attaque ensuite aux kilomètres supplémentaires. « On ne peut pas nier que les voitures de société accomplissent davantage de kilomètres. Dans un contexte privé, les déplacements « de loisirs » sont en effet réalisés avec une voiture de société. Exemple : pour rendre visite à la belle-mère le dimanche, quelle voiture va-t-on utiliser si, devant la porte, il y a le choix entre un véhicule personnel et une voiture de société ? Et les voitures de société justifient leur raison d’être quand on évoque les distances domicile-travail…

Et Frank Van Gool de conclure : « Nous soutenons pleinement le concept du budget mobilité, mais la voiture de société doit en faire partie. Il ne faut certainement pas adopter un comportement anti-voiture de société, mais plutôt veiller à encourager l’utilisation d’alternatives. »

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