Covid-19 : voici pourquoi les primes de la RC Auto ne diminueront pas

Pendant le confinement, les voitures ont beaucoup moins roulé. Voire pas du tout. Conséquence compréhensible, confirmée par Assuralia, l’union professionnelle des entreprises d’assurances : de nombreux assurés demandent à leurs assureurs un remboursement partiel des primes de leur assurance auto. Ce ne sera pas vraiment possible. Et voici pourquoi.

Avec le confinement, les voitures sont restées beaucoup plus au garage, entraînant une baisse de la charge des sinistres pour le assureurs.

Pour autant, Assuralia le clame : « Un ajustement de la politique tarifaire ne pourra être évalué qu’après que les assureurs auront digéré cette crise du coronavirus et qu’ils connaîtront les chiffres définitifs pour cette année ».

La question que se pose les assureurs est en réalité la suivante : cette tendance à la baisse de la sinistralité va-t-elle se poursuivre ?

Réponse d’Assuralia : « Un certain nombre de facteurs permettent de supposer qu’un changement pourrait bien intervenir à cet égard : 

  • ainsi, les entreprises ont redémarré leurs activités depuis le début de ce mois de mai. Pour des raisons de sécurité, nombreux seront les travailleurs à préférer leur voiture aux transports en commun ;
  • pendant les mois d’été, il faudra sans doute renoncer aussi aux voyages en avion à l’étranger pour privilégier des vacances en voiture et des excursions d’une journée à l’intérieur du pays ;
  • enfin, le niveau de la charge des sinistres annuelle est déterminé dans une mesure importante par un nombre limité de sinistres graves pour lesquels il est difficile aujourd’hui de faire des prévisions ».

Des adaptations éventuelles de primes se font sur la base de données historiques portant sur de plus longues périodes. « Cela permet aux assureurs de répartir les risques sur un plus long terme », explique-t-on du côté de l’union professionnelle.

Ainsi, Assuralia assure que la charge des sinistres en RC auto a progressivement diminué au cours de ces 15 dernières années. « La prime moyenne a dès lors baissé en termes réels de quelque 20 % au cours de cette période ». 

Pour les assurés qui recherchent davantage de flexibilité ou qui ne parcourent qu’un nombre limité de kilomètres par an, il existe des contrats d’assurance dont les primes sont calculées sur la base du nombre de kilomètres parcourus ou qui prévoient une formule pour un nombre forfaitaire de kilomètres.

« Le développement de la numérisation du secteur et du parc automobile pourrait faire augmenter le nombre de telles formules flexibles. »

Et Assuralia de conclure : « Enfin, avec la crise actuelle, les assurés ne sont pas les seuls à se poser des questions. Le secteur des assurances doit lui-même également faire face aujourd’hui à un certain nombre d’incertitudes. Ainsi, il constate en raison de la pandémie de coronavirus une volatilité fortement accrue des marchés financiers qui peut avoir un impact défavorable sur la valeur des actifs des assureurs belges. Pour cette raison aussi, la Banque nationale de Belgique a demandé aux assureurs d’adopter une position d’attente en ce qui concerne l’octroi de dividendes, de participations bénéficiaires et de ristournes ».

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Tags: Auto