Dossier semi-conducteurs – Marques automobiles : « Six mois à un an d’attente »

Nous avons été ambitieux lorsque nous avons demandé à toutes les marques présentes sur le marché belge de cartographier le retard des livraisons de voitures. Les réponses ont été diverses. « Nous ne savons pas ; cela dépend de nombreux facteurs ; ça évolue de jour en jour ». Quelques-uns ont toutefois réussi à formuler une réponse qui apporte une éclaircie dans la grisaille.

Dans les articles précédents, nous vous avons déjà présenté le contexte de la crise et la vision des sociétés de leasing sur le problème des retards de livraison. C’est maintenant le tour des constructeurs et des importateurs de voitures.

Andreas Cremer, CEO de Febiac : pas de données exactes par modèle, ni même par marque

« Une voiture moderne contient entre 250 et 300 semi-conducteurs. Certains sont nécessaires pour le groupe motopropulseur et d’autres pour le contrôle de l’électronique comme les caméras de recul, la connectivité, etc. Ce nombre dépend également du modèle et des options. Il s’agit donc d’une question très complexe dont les conséquences sur la production et la livraison sont en fait impossibles à prévoir. Je vois certains médias allemands y coller certaines échéances, mais cela risque de créer des attentes qui ne sont pas objectives. La seule réponse honnête, c’est que nous ne savons pas et ne disposons pas des données précises par marque et par modèle. Avant la crise, le délai de livraison était d’environ quatre mois, maintenant il est de six mois à un an, selon le modèle. En conséquence, les entreprises disposant d’un parc automobile ne peuvent pas se permettre d’attendre que la fin de contrat approche pour passer à l’action. Il faut tenir compte de ce temps d’attente supplémentaire en commandant beaucoup plus tôt que par le passé. Le message est clair : il faut anticiper ! »

Andreas Cremer – Febiac : « Dans certains cas, il se peut que les clients du segment premium soient servis un peu plus rapidement.. » (photo : Steven Richardson).

Selon Andreas Cremer, les marques font de leur mieux pour trouver des solutions pour leurs clients : « Ils sont – dans la mesure du possible – créatifs à cet égard. Si, par exemple, les clients sont prêts à renoncer à certaines options ou à prendre un tableau de bord analogique au lieu d’un tableau de bord numérique, le délai peut effectivement être raccourci. Certains groupes automobiles se voient également attribuer un quota de semi-conducteurs, qu’ils peuvent ensuite répartir entre les marques de leur groupe. Et là, des choix économiques sont généralement faits. Et les marges les plus importantes ne sont pas réalisées sur les modèles des segments inférieurs. »

Des différences selon les pays

Le magazine allemand Auto, Motor & Sport s’est renseigné auprès de différents fabricants et a constaté que les délais de livraison varient énormément. Par exemple, en Allemagne, il faut attendre 14 mois pour une Audi e-tron GT et un an pour l’Audi Q4 e-tron. L’importateur Audi belge précise toutefois que les délais sont différents en Belgique, avec seulement 3 mois pour la GT et 7 mois pour le Q4. Il y a donc aussi des différences d’un pays à l’autre.

D’autres voitures se font attendre longuement, selon notre source : Dacia Spring (un an), BMW i4 et iX (9 mois) et la Mercedes-Benz Classe A 250e (la version hybride rechargeable, ndlr – un an). Le Peugeot 3008 et le Citroën C4 Cactus sont également concernés. Il faudra patienter huit mois pour en prendre possession.

Toujours selon le magazine allemand, il y a un certain nombre de voitures qui ne semblent pas être affectées par la pénurie de puces. Ainsi, après seulement quatre mois, vous pouvez piloter une Tesla Model 3 , une Nissan LEAF ou les Renault ZOE et Twingo. D’autres voitures populaires, telles que la Volkswagen Golf, la Ford Kuga, la Mercedes GLC ou la Hyundai i30, peuvent également se retrouver sur votre allée de garage en moins d’un trimestre.

Que disent les importateurs belges ?

Comme déjà mentionné, nous avons reçu peu d’informations concrètes de la part des importateurs belges. A part quelques exceptions. C’est généralement parce qu’ils avaient de meilleures nouvelles à annoncer.

Toutes les marques n’ont pas de problèmes de livraison. Polestar, par exemple, dispose de suffisamment de voitures de stock à livrer dans le mois.

Par exemple, Polestar nous dit qu’il n’y a pas de problèmes de livraison. Ils ont suffisamment de voitures en stock qui peuvent être livrées dans un délai d’un mois. Si vous en commandez une nouvelle qui n’est pas en stock, vous devez être patient pendant environ 5 mois.

Subaru dispose également encore d’un stock important au Benelux. Si le client choisit l’une de ces voitures, il la recevra dans les 10 jours ouvrables suivant la signature du bon de commande. Si la voiture doit encore être commandée dans l’une des usines japonaises, le délai de livraison diffère d’un modèle à l’autre. Mais il peut y avoir un retard allant jusqu’à deux mois.

Jean-Marc Ponteville (D’Ieteren Volkswagen) : « La livraison d’un modèle est parfois retardée par le manque de semi-conducteurs pour une option particulière. La caméra de recul dans le hayon du coffre, par exemple. Nous avons peu d’informations sur le calendrier de production car le problème se situe souvent chez les fournisseurs qui doivent eux-mêmes faire face à des délais d’attente plus longs chez leurs propres fournisseurs. Toute la chaîne logistique est donc perturbée. Et la situation évolue chaque semaine. La plupart des clients continuent à commander et sont prêts à attendre plus longtemps. Le nombre de commandes en attente est donc très élevé. En abandonnant une option spécifique, il est parfois possible d’accélérer la livraison. Si le client ne peut pas attendre, les concessionnaires proposeront un modèle de stock ou un modèle similaire pouvant être livré plus rapidement. Les clients choisissent parfois aussi un modèle récent d’occasion. »

Roeland Vriens – Volvo : « Nous avons adapté notre offre avec des configurations que l’on peut livrer dans délais normaux. »

Volvo est la seule marque à nous avoir fourni des données concrètes. Roeland Vriens, New Car Sales Performance Manager chez Volvo, explique la stratégie de la marque suédoise : « Vous pouvez gérer la situation de deux manières. Soit vous conservez la liste de prix existante avec les options qui ne peuvent pas être livrées ou dont le délai de livraison est plus long. Ou vous adaptez votre offre avec des configurations qui affichent des délais de livraison normaux. Nous avons opté pour la deuxième approche. En pratique, cela modifiera le contenu de certains packs. Mais nous préférons cette approche car elle est plus claire pour nos clients. Elle nous permet également de maintenir un délai de livraison compris entre quatre et six mois pour les modèles les plus courants. »

Nous avons pu consulter une liste de dates de livraison de Volvo. Nous constatons qu’un modèle comme le XC40 est disponible dans différentes configurations entre le 21 et le 31 mars 2022. Le tout nouveau C40 Recharge peut même être livré entre le 15 et le 29 janvier. Le populaire XC60 a des dates de livraison entre le 31 janvier et le 25 février. Les breaks de la marque sont également en ligne : V60 (19 février – 31 mars), V90 (7 février – 4 mars). Ces dates étaient valables au moment de boucler cette édition. Nul doute qu’elles ont évolué entre-temps.

Contactez votre concessionnaire ou votre loueur

Le discours de la plupart des importateurs était le même : trop de variables pour fixer des dates de livraison. La quasi-totalité d’entre eux ont donc conseillé de contacter votre concessionnaire ou votre société de leasing. L’abandon d’une ou plusieurs options peut raccourcir le délai de livraison. Dans le cas des flottes, commander (beaucoup) plus tôt reste le remède le plus efficace.

#Auto

Inscrivez-vous maintenant à FLOW, l’e-letter hebdomadaire de FLEET.be !

FLEET Dealers FLEET Sector FLEET.TV TCO
Trending