Erik Swerts (Alphabet) : « Dans notre secteur, la recette est appelée à changer »

Erik Swerts est ce que l’on peut appeler une valeur sûre dans le monde du leasing en Belgique. Il travaille depuis 30 ans dans le secteur et a gravi tous les échelons chez Alphabet. Depuis 2017, il en est le Managing Director. Nous l’avons rencontré chez lui et avons parlé ensemble de sa passion pour la mobilité et de ce que cette dernière va nous réserver à l’avenir.

Les sociétés de leasing deviennent des mobility providers. Ne s’agit-il pas d’un ravalement de façade et votre activité principale ne reste-t-elle pas le leasing automobile ?

Aujourd’hui, le leasing automobile reste bien sûr notre activité centrale. Mais la demande vers des solutions de mobilité se fait de plus en plus concrète. Et ce n’est pas à nous de déterminer quelle direction cela va prendre: c’est l’affaire de nos clients.

Pour la première fois, nous vivons à une époque où la voiture n’est pas le premier choix pour tous les déplacements, alors que par le passé on ne se posait même pas la question. A présent, la congestion automobile a engendré un glissement vers d’autres solutions. Nous sommes confrontés pour la première fois à des gens qui disent: « Une voiture de société ? Non merci ! » Cela perturbe-t-il notre business model traditionnel ? Oui, bien sûr ! De nombreuses entreprises de notre secteur sont en train de se réorienter. Nous aussi. La monomobilité automobile appartient au passé. Mais cela ne signifie pas que la voiture a perdu toute son importance. Elle aura toujours sa place dans le mix de mobilité.

Alphabet propose des alternatives telles que, entre autres, Bikelease, AlphaFlex et AlphaElectric. La demande est-elle importante chez les clients ?

Les résultats sont encore relativement modestes. Techniquement, tout est aujourd’hui possible, mais le mental doit suivre. Actuellement, c’est encore assez lent, sauf auprès de la jeune génération, qui se montre plus réceptive. Mais il y a une exception : Bikelease. Ce produit enregistre une forte croissance. Voici un an et demi, nous n’avions que 50 vélos sous contrat. Nous en avons à présent 2.500. Il s’agit surtout de vélos électriques. Une fois qu’une nouvelle tendance commence à percer, les choses peuvent aller très vite.

Je pense qu’Alphabet – ou BMW, si l’on adopte un point de vue plus large – a tout ce qu’il faut pour connaître le succès demain sur le marché de la mobilité. Les ingrédients sont là, mais il faut veiller à adapter la recette. Nous sommes bien placés avec notre know-how en matière de service aux entreprises et à leurs collaborateurs pour offrir ce que le marché demande. Il y aura des hauts et des bas, mais nous finirons certainement par arriver à quelque chose qui marche en matière de multimobilité. J’en suis persuadé.

On sait que les normes en matière d’émissions de CO2 vont être de plus en plus strictes à l’avenir et que cela aura inévitablement des conséquences sur le plan fiscal. Certaines sociétés de leasing jouent dès lors à fond la carte de l’électrique et essaient de convaincre leurs clients. Quelle est la stratégie d’Alphabet ?

Nous n’adoptons pas un point de vue tranché. La mobilité électrique va arriver, c’est évident. Avec AlphaElectric, nous proposons une solution globale dédiée, infrastructure de recharge comprise. Nous croyons donc à la mobilité électrique. Mais dans le même temps, cela n’a aujourd’hui aucun sens de dire: « Nous misons tout sur l’électrique ». Parce que personne ne sait ce que nous réserve l’avenir. Peut-être un moteur à combustion interne ultra sobre verra-t-il le jour dans les prochaines années ? Et si l’on considère les choses avec objectivité, force est de reconnaître que les moteurs thermiques actuels sont déjà respectueux de l’environnement.

Notre réalité aujourd’hui – et c’est une réalité internationale – est que nous devons également tenir compte du risque que constitue la valeur résiduelle. C’est pour cette raison que nous nous sommes détournés des diesels, et pas parce qu’ils ne sont pas écologiques. Ils sont tout simplement moins demandés sur le marché de l’occasion, ce qui s’explique en partie parce que cette motorisation a été diabolisée par les médias. D’un autre côté, il n’est pas exclu que le diesel puisse faire son retour, surtout qu’il existe une réalité incontournable: les moteurs essence consomment davantage et rejettent plus de CO2 dans l’atmosphère.

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