Febiac à propos de la taxe kilométrique : « Ne jetons le bébé avec l’eau du bain »

Le rapport final du projet pilote de taxe kilométrique, objet de multiples débats, est prêt. Les résultats semblent peu convaincants. L’enthousiasme des participants est faible, ainsi que l’effet, de l’ordre d’une réduction de 5,5% du nombre de kilomètres parcourus. Mais ceci est tout sauf surprenant, étant donné la taille du projet pilote et le nombre peu élevés de participants.

C’est justement pour cette raison que la fédération automobile FEBIAC plaide pour plus d’enquêtes et des projets pilotes à plus grande échelle. Parce que la fédération reste persuadée de l’utilité et de la nécessité de l’instauration d’un péage routier intelligent afin, dans le futur, de garder le trafic sous contrôle ou de le fluidifier, moyennant un paquet de mesures cohérent. L’effet tangible d’une redevance kilométrique au niveau global est en effet tout autre que celui que l’on peut déduire d’un projet pilote beaucoup trop limitatif et non doté de mesures d’accompagnement.

verbreding ring-w800-h600Un groupe test de 1.200 participants n’est rien en regard d’un réseau routier qui implique des dizaines de milliers d’autres d’usagers. Les efforts des participants pour rouler de manière plus rationnelle n’ont ainsi été que peu ou prou récompensés. Le groupe test était beaucoup trop petit pour avoir un quelconque impact sur le volume total du trafic ou les problèmes de circulation. Ceci n’est évidemment pas motivant. Si le trafic global avait diminué de 5,5%  – et les embouteillages qui en découlent dans une plus grande mesure encore ! – l’effet du péage routier aurait été bien plus visible et l’enthousiasme bien plus grand”, déclare, à chaud Luc Bontemps, administrateur délégué de FEBIAC.  “En outre : le péage routier ne rectifie pas tous les manquements et erreurs de notre politique de mobilité. Le « démantèlement » du réseau routier secondaire fut une erreur capitale et n’a pas résulté en un transport public plus performant ou plus convivial. Ce n’est pas parce que les gens sont appelés à évaluer leur mobilité, que des alternatives équivalentes s’offrent spontanément à eux.”

La transition vers une politique de mobilité orientée résultats est, pour FEBIAC, un processus qui nécessite de la persuasion et de la persévérance. La redevance kilométrique n’en est par ailleurs qu’un élément, et ce projet pilote à toute petite échelle une première et très modeste étape.

C’est la raison pour laquelle, le péage kilométrique mérite une étude approfondie et des projets pilotes à grande échelle afin d’en connaître les effets exacts et d’en élargir la portée. En effet, cette taxation au kilomètre est l’évidence même et constitue un exemple d’équité, pour autant qu’elle ne s’ajoute pas à la fiscalité automobile actuelle mais vienne au contraire la remplacer.  Elle concrétise le principe de l’utilisateur payeur, déjà appliqué à d’autres produits et services.  L’usager rationnel et parcimonieux fait des économies ; celui qui consomme davantage contribue en conséquence. La taxe kilométrique ne peut avoir d’autres ambitions que d’induire chez chaque usager de la route un modeste changement de son comportement individuel qui, conjugué aux milliers d’autres, donnera un résultat collectif de grande ampleur se traduisant par une réduction des embouteillages, une diminution de la pollution environnementale et un abaissement du coût pour la société.  Tout le monde en sortira gagnant.

Luc Bontemps conclut : « Nous sommes intimement persuadés qu’une fiscalité automobile revisitée et intelligente constitue le fondement incontournable d’une mobilité durable et plus efficace.  Une taxation axée sur l’usage de la mobilité représente un maillon essentiel de la chaîne des mesures à prendre. Nous comptons sur nos nouveaux gouvernements pour intégrer ceci dans leurs politiques de mobilité dans cette nouvelle législature. »

FEBIAC a compilé les principes de base d’une fiscalité intelligente et durable centrée sur la mobilité ainsi que le paquet de mesures allant de pair dans son dossier : http://www.febiac.be/public/content.aspx?FID=686

Une taxation kilométrique intelligente :

  • ne coûte pas plus cher qu’aujourd’hui au consommateur moyen et intègre une correction sociale
  • récompense celui qui s’efforce de rouler moins et de façon plus propre
  • réduit les émissions de CO2 de 9%, soit 1,4 millions de tonnes par an
  • diminue les embouteillages quotidiens de 28 km, soit l’équivalent de trois journées entières de bouchons par an
  • permet d’économiser chaque année 12% (700.000.000€) des coûts à charge de la société

Inscrivez-vous maintenant à FLOW, l’e-letter hebdomadaire de FLEET.be !

Tags: Mobility