Guy Hannosette : « Vancia est un peu mon bébé »

On ne présente plus Guy Hannosette. Directeur commercial chez Vancia Car Lease depuis des années, il est connu pour son enthousiasme contagieux. FLEET.be s’est rendu à Courtrai pour le rencontrer et connaître son avis sur le secteur qui lui tient tellement à cœur. Ce faisant, nous avons découvert son autre passion : le deux-roues.

Et si, pour changer, on commençait cette fois par parler de votre autre passion ? Celle du vélo…

Pourquoi pas ? Cela fait 15 ans que je fais partie de l’organisation du Grand Prix E3 (officiellement Record Bank E3 Harelbeke). C’est une épreuve cycliste inscrite au calendrier de l’UCI World Tour qui, depuis 60 ans, chaque année au mois de mars, accueille de nombreuses personnalités. En 2003, l’équipe en place a cédé la place à la jeune génération. Notre ASBL compte 11 administrateurs. Je suis responsable de la gestion financière et de l’événementiel VIP. Chaque année, nous invitons environ 5000 personnes à suivre le parcours en bus pour encourager les coureurs en divers endroits. Notre fonctionnement s’apparente en quelque sorte à la gestion d’une entreprise. Nous avons une commission technique, une commission RP, une commission VIP, une commission financière, une commission sportive… Pour mener les divers projets à terme, chaque commission bénéficie du soutien de 7 à 8 collaborateurs. Et pour faire face à l’essor considérable que nous avons connu ces cinq dernières années, nous disposons désormais d’un manager à temps plein et d’un immeuble E3 rien qu’à nous.

Et vous… vous faites du vélo aussi ?

Oui, depuis que j’ai 28 ans. Je cherchais une soupape pour me libérer de la pression du travail chez Vancia. Et je l’ai trouvée dans le vélo. Cela reste purement récréatif, mais quand même avec un minimum d’esprit de compétition. Avec une dizaine de copains, nous profitons généralement du week-end pour organiser une sortie à vélo, et en semaine, je fais du spinning pour entretenir ma condition. Il nous arrive aussi d’organiser des excursions de quelques jours. En mai, nous avons prévu un périple de 1.000 km dans le sud de la France, au départ de Bordeaux.

Comment est née Vancia Car Lease ?

Tout est parti du garage Peugeot Vandecasteele à Courtrai. J’ai commencé chez Vancia en 1985, mais les premiers jalons avaient déjà été posés quelques années auparavant. La location de voitures n’était pas encore très ancrée dans les mentalités, mais Noël et Bernard Vandecasteele offraient déjà ce service aux clients qui n’avaient besoin d’une voiture que pour une période limitée. Autrement dit, Vancia est née spontanément, comme un service supplémentaire réservé aux bons clients. Le Garage Vandecasteele a été longtemps responsable des véhicules Peugeot qui arrivaient en Belgique en train. C’est eux qui assuraient ensuite le transport en camion vers les différentes concessions. Ils ont repris la licence de la famille Ancia de Liège. La contraction des noms Vandecasteele et Ancia a donné Vancia. Jusqu’en 1991, Vancia ne louait que des Peugeot, mais à la demande des clients, elle s’est muée en société de leasing multi-marques.

Comment Vancia Car Lease se distingue-t-elle des autres sociétés de leasing ?

Nous ne nous préoccupons pas tellement de la concurrence. Nous sommes surtout à l’écoute des besoins de nos clients. Nous en avons toujours fait notre fil rouge. Nous anticipons beaucoup et cherchons sans cesse à comprendre ce qui les préoccupe et quelle plus-value nous pouvons leur apporter. Dans notre optique, cette approche personnelle est la seule manière de satisfaire les clients à long terme et de les fidéliser. Nous n’avons jamais été de fervents partisans de grandes campagnes publicitaires. Jusqu’à présent, nous recrutons de nouveaux clients par la publicité que nous font nos clients et conducteurs existants. C’est un fait assez unique sur le marché actuel. Il va de soi que nous sommes au point au niveau de la gestion des données, ce qui de nos jours est vital pour la gestion d’un parc automobile. Nous sommes en train d’installer un nouveau logiciel qui devrait être opérationnel à partir d’octobre. Cela ne remplacera jamais le contact personnel avec les clients, mais c’est un avantage indéniable pour les aider encore mieux dans la gestion de leur flotte. Nous sommes conscients que certains clients ne se sentent plus ‘entendus’ par leur société de leasing et qu’ils ont l’impression de n’être plus que des numéros de dossier. Cela n’arrivera jamais chez nous. Nous privilégierons toujours l’approche personnelle. Et les offres ‘sur mesure’ !

Cela fait déjà plus de trente ans que vous travaillez dans ce secteur. Vous êtes même devenu la figure de proue de Vancia Car Lease. Qu’est-ce qui vous lie à cette société ?

C’est un peu mon bébé. Pas facile de l’abandonner aux mains de quelqu’un d’autre. Et puis, j’aime le caractère familial de l’entreprise. La famille Vandecasteele m’a fait confiance à l’époque en me chargeant de développer quelque chose qui ne coulait pas de source : faire de la location multi-marque sur fond de Peugeot. Et la passion reste intacte. C’est un secteur passionnant, en constante évolution et qui m’offre un environnement aussi enrichissant qu’épanouissant. Et oui, je suis connu dans le secteur. Je ne dirai pas le contraire (rires). Mais je ne suis pas tout seul. Je peux compter sur une équipe compétente et fidèle, ainsi que sur Noël Vandecasteele, qui à 71 ans reste très actif au sein de Vancia Car Lease. Et avec son fils Christophe, la succession est d’ores et déjà assurée. Jusqu’à il y a peu, il était responsable des garages Peugeot de Vandecasteele. Mais depuis le 1er janvier de cette année, c’est Filip De Sutter qui a pris les rênes au poste de président-directeur général.

Qu’est-ce qui vous attire le plus dans le secteur du leasing ? Plutôt le produit (la voiture) ou plutôt l’aspect ‘service’ ?

Les deux ! Si vous voulez travailler dans ce secteur, vous devez vous intéresser aux voitures. Les clients demandent conseil pour composer leur parc automobile. Il est donc impératif de savoir ce qui existe sur le marché. Avec mes collaborateurs commerciaux, je suis le marché de très près. Quelle est l’actualité des constructeurs ? Quelle évolution au niveau des moteurs ? Quels sont les segments les plus populaires ? C’est un monitoring constant. Mais le service est tout aussi important. Il faut avoir l’envie d’aider ses clients, d’être à l’écoute de leurs besoins et de leur apporter les solutions les mieux adaptées. Sur ce plan, notre rôle a énormément gagné en importance ces dernières années. Le régime fiscal auquel sont soumises les voitures de société est devenu tellement complexe que la plupart des sociétés ont besoin de quelqu’un qui les guide. Chez nous, pas question d’intégrer quelques infos sommaires sur notre site web. Nous disposons d’une équipe de quatre conseillères motivées toujours prêtes à aider les clients par téléphone. Cela implique aussi de se rendre chez les clients pour des analyses plus approfondies.

A quoi ressemble une journée de travail de Guy Hannosette ?

Je me rends au bureau tous les jours. Je veux être en contact direct avec mes collègues. Il est vrai que j’habite tout près et qu’ici, il n’y a pas d’embouteillages. Le travail à domicile ne se justifie donc pas. Je commence tous les matins vers huit heures. Tout au long de la journée, j’enchaîne les contacts avec les clients, les importateurs, les garages, les collaborateurs, les fournisseurs, la famille Vandecasteele… C’est très vaste. Je dois être un ‘multitasker’. Le soir, j’ai rarement fini avant dix-neuf, vingt heures. Et après, je participe encore à de nombreux événements professionnels. D’une part parce que c’est important, et d’autre part parce que ça me plaît. J’aime ces contacts sociaux. Et si en plus, je peux y aller avec mon épouse – dont l’agenda est aussi très chargé – je suis sur un petit nuage.

Avez-vous l’impression que les affaires récentes – nouvelle réglementation belge en matière d’hybrides plug-in, WLTP… – menacent le secteur ?

C’est certain. Et les constructeurs n’ont pas toujours toutes les réponses. C’est une situation ingrate. Les sociétés veulent faire des choix pour leur futur parc automobile et les conducteurs veulent connaître l’impact de l’ATN. Pas facile ! D’autant plus que notre gouvernement ne prend pas de position claire ni orientée vers le futur. La nouvelle norme WLTP pourrait aussi avoir des répercussions sur le segment des SUV et des cross-over. De plus en plus populaires, ces véhicules sont légèrement plus hauts sur roues et plus lourds, de sorte qu’avec le nouveau cycle de tests, ils obtiendront probablement de moins bons résultats en matière d’émissions que les véhicules plus traditionnels. Autant de facteurs dont nous devons tenir compte.

Vancia Car Lease a-t-elle le projet de collaborer un jour avec d’autres entreprises ? Soit en rachetant un concurrent, soit en étant elle-même rachetée ?

Au fil des ans, nous avons connu une croissance organique. Notre parc automobile compte actuellement 6.550 véhicules. Un résultat dont nous sommes légitimement fiers. Des rachats ou des formules de collaboration ne constituent pas un objectif en soi, mais nous sommes toujours disposés à écouter et à saisir les opportunités si elles se présentent. Nous avons déjà eu des entretiens avec d’autres acteurs et d’autres investisseurs et sommes arrivés à la conclusion que notre croissance est saine et que nous n’avons ni le besoin ni l’obligation de collaborer ou d’être rachetés pour assurer notre avenir. A l’avenir, nous resterons attentifs aux propositions, mais jusqu’à présent, nous n’avons pas encore trouvé notre deus ex machina.

Pourquoi Vancia Car Lease possède-t-elle une filiale de l’autre côté de la frontière française, à Lille ?

Elle existe depuis vingt ans déjà. Vancia Car Lease France a été créée à la demande de clients belges qui possèdent une filiale en France et pour les collaborateurs qui ont besoin d’une voiture en leasing. Le leasing en France n’est pas aussi développé qu’en Belgique, en tout cas pas au niveau du service, des prix, de la réactivité, etc. Nos clients apprécient que nous offrions ce même service de l’autre côté de la frontière. Ce qui compte, c’est que les clients peuvent choisir eux-mêmes l’endroit où nous achetons ces voitures en Belgique. En France, la voiture roule avec une plaque minéralogique française, mais tout est réglé depuis la Belgique. Cette approche nous assure encore un gros potentiel de croissance.

Quelle importance le client fleet accorde-t-il à la flexibilité aujourd’hui ?

La flexibilité est de plus en plus importante à leurs yeux. Et nous misons là-dessus. Nous avons notamment un parc automobile propre de 300 voitures destinées à la location à court terme. Cela va de la voiture provisoire à la voiture destinée à un nouveau collaborateur dont on ne sait pas encore s’il va rester ou non. Cette flotte nous permet de répondre à cette demande. Mais certains détails ont aussi leur importance. Ainsi, nous proposons à nos clients des contrats de 47 ou 59 mois (au lieu des contrats classiques de 48 et 60 mois) pour leur éviter la corvée et la perte de temps de se rendre au contrôle technique obligatoire.

Les sociétés de leasing sont de plus en plus nombreuses à se convertir en ‘mobility providers’ et ne cessent d’élargir leur offre de solutions mobiles. Cela fait-il aussi partie des ambitions de Vancia Car Lease ?

Nous suivons évidemment cette évolution de près, mais notre priorité reste l’écoute de nos clients. Et force est de constater qu’aujourd’hui, la demande pour ce genre de solutions est rare, voire inexistante. Certes, nous avons des clients avec des contrats de mobilité qui combinent voiture de société et vélo ou abonnement de train. Mais ils ne sont pas nombreux. Nous ferons toujours tout pour leur donner satisfaction si c’est ce qu’ils souhaitent. Mais aujourd’hui, on a l’impression que tout le monde est convaincu par l’idée, alors qu’en pratique, on en est loin. C’est vrai que le marché est en pleine mutation, mais en fin de compte, tout continue à tourner autour de la voiture : fiscalité, retour au moteur à essence, évolution vers les véhicules hybrides…

Vous disiez que vous suiviez l’évolution du marché automobile de très près. Mais avez-vous la nostalgie d’un modèle plus ancien ?

Oh… il y en a beaucoup, mais si je devais n’en citer qu’une, je dirais la Peugeot 504. J’en ai une avec laquelle je participe à des rallyes de vieilles voitures. C’est un coupé cabriolet dessiné par Pininfarina et équipé d’un moteur à essence de 1800 cc. Elle est superbe… et rare ! Le moteur est nerveux et la conduite est très confortable. La famille Vandecasteele possède une collection de 100 Peugeot, dont certaines participent à des rallyes d’ancêtres. Parfois, nous organisons aussi une sortie à vélo avec des amis et des clients Peugeot. Pour l’occasion, nous enfilons les maillots ‘vintage’ à damier noir et blanc du constructeur. Et nous emmenons avec nous une Peugeot 404 en tenue de course !

 

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