Johan Portier (LeasePlan) : « Le plan de route ne peut pas être le même qu’à la mi-mars »

« Vouloir en revenir au plus vite à ‘la situation d’avant’ n’a guère de sens. » « Toutes les entreprises doivent se préparer à résister à un second confinement. » « Ne procédons pas à des coupes trop rapides aujourd’hui pour le regretter demain. » « Ne répercutez pas les coûts. » Tous ces propos émanent de Johan Portier, Managing Director de LeasePlan Belgium. Il a confié des éléments intéressants quant à sa gestion de la crise du Covid-19 dans un entretien publié sur le propre site Internet de la socété de leasing.

Dès le vendredi 13 mars, Johan Portier a décidé de mettre en place le télétravail. Début de la mesure : le lundi 16 mars.

« Une certaine préparation a été nécessaire, mais il a fallu faire vite pour permettre à tout le monde, y compris ceux qui n’en ont pas l’habitude, de travailler à domicile. Les tâches pour lesquelles une présence au bureau est vraiment indispensable ont été répertoriées et réduites autant que possible. »

La deuxième priorité de Johan Portier a été de veiller à la santé psychologique du personnel. « Car la santé de votre entreprise s’en ressent aussi », explique Johan Portier.

« Les personnes ont besoin de perspectives et cela passe par une communication abondante et ouverte. J’envoie moi-même des mises à jour quotidiennes à toute l’entreprise, j’organise des séances d’appel hebdomadaires ouvertes à tous pour partager des informations et je reste à l’écoute en permanence. LeasePlan a même engagé une thérapeute externe pour soutenir les personnes qui en ont besoin, sur une base anonyme bien entendu. »

« Prévoir le temps nécessaire pour la nouvelle normalité »

Quand il s’exprime quant à l’avenir, il commence par ceci : « Vouloir en revenir au plus vite à ‘la situation d’avant’ n’a guère de sens. Nous nous dirigeons plutôt vers une ‘nouvelle normalité’. Et il faudra prévoir le temps nécessaire. Avant la crise, nous nous demandions : combien de jours par semaine allons-nous autoriser le travail à domicile ? Aujourd’hui, la question est plutôt : combien de jours de travail au bureau allons-nous organiser ? »

« Récemment, j’ai entendu l’un de mes amis dire : ‘plus vite nous pourrons revenir au bureau, mieux ce sera’. Mais cette approche ne tiendra pas la route. L’un de mes mantras est de ne pas s’enliser dans le moment présent : au contraire, nous devons plus que jamais prendre du recul. Le plan de route ne peut pas être le même qu’avant la mi-mars ! »

« Se préparer à mieux résister à un second confinement »

La Banque nationale de Belgique prédit une contraction de 8 % de l’économie belge en 2020. Le chiffre d’affaires des entreprises diminuera de 34 % en 2020 par rapport à 2019. Le taux d’emploi va reculer de 7 à 9 %.

« Les entreprises ne peuvent pas ignorer cette situation. L’impact est trop grand pour rester passif », ajoute encore le MD de LeasePlan Belgium.

« Plusieurs secteurs sont d’ores et déjà en train de se réinventer, comme l’horeca avec les services de livraison. Toutes les entreprises, quelle que soit leur taille, quel que soit leur secteur, doivent se préparer à mieux résister à un second confinement. Nous devons tout mettre en œuvre pour préparer notre économie et pour faire en sorte d’en sortir plus forts que nous l’étions. »

« Ne répercutez pas les coûts »

La crise que nous connaissons aura un un coût élevé.

« Rien n’est jamais gratuit. Et plus d’une génération devra payer le prix de cette crise. Mais la politique actuelle doit se détacher des préoccupations budgétaires pour accorder la priorité à la santé et à la sécurité. Nous sommes en train de tâtonner à la recherche d’un équilibre entre la sécurité et l’économie. Moyennant une reprise en mai, nous pourrons maintenir cet équilibre jusqu’au confinement suivant, s’il y en a un. Mais les entreprises doivent s’efforcer de préserver un taux d’emploi maximal : il y va de leur responsabilité sociale. De son côté, le gouvernement doit faciliter les crédits pour que les entreprises restent financièrement en mesure de jouer ce rôle social. Toutes les crises passent. Ne procédons pas à des coupes trop rapides aujourd’hui pour le regretter demain. »

Dans la “société du mètre et demi”, le rendement va diminuer dans de nombreux secteurs. « Mon conseil : supportez les coûts un maximum et ne les répercutez pas, ou nous tomberons dans une spirale négative », conclut Johan Portier. « Si demain, nous pouvons à nouveau aller au café, mais à condition de désinfecter la table et les chaises, les gérants pourront peut-être répercuter ces coûts sur les clients ; en revanche, dans d’autres secteurs, ils seront beaucoup moins compréhensifs. Et cela aura un impact sur le comportement des consommateurs et le rythme de la relance et de la reprise économique. »

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