Le labo vert d’Europe

Philippe Quatennens

Bien que sa pénétration ne soit pas assez rapide pour certains, la voiture électrique connaît une croissance. Toutefois, par rapport à l’Asie, et à la Chine en particulier, l’Europe a un sérieux retard à rattraper. C’est donc une bonne chose qu’il y ait aujourd’hui deux fabricants en Belgique qui sont (ou seront) en mesure de construire des modèles électriques. Après l’Audi e-tron à Forest, Volvo construira également une version électrique du XC40 à Gand. En outre, l’assemblage des batteries y sera également réalisé dans une nouvelle usine. Aujourd’hui, il y a déjà une pénurie de batteries. Audi a dû ajuster son quota de production pour l’e-tron, son fournisseur asiatique ne pouvant pas fournir suffisamment de batteries.

Pour éviter une transition en douceur d’une dépendance au pétrole à une dépendance à la batterie, un ancrage local est donc essentiel. Soit dit en passant, l’assemblage des batteries n’est qu’une petite partie du grand puzzle des opportunités qui se présentent pour notre pays. Umicore est leader mondial du recyclage des batteries, la KU Leuven a développé des panneaux solaires qui produisent de l’hydrogène et dans FLEET en mai, vous avez pu lire une autre proposition de Paul de Gheldere, CEO de NETikA, d’utiliser des panneaux solaires sur les toits des entreprises pour l’électrification à grande échelle des voitures (de société). 

Philippe Quatennens

Un certain nombre de politiciens (ne disposant que d’une vision à court terme) plaident en faveur de l’abolition de la voiture de société. Mais heureusement, d’autres se sont également engagés en faveur d’un processus d’écologisation accéléré. Ils voient bien les opportunités : l’innovation, l’emploi… et tout cela pour un parc plus vert. En fait, en Belgique, nous avons tous les ingrédients pour devenir le pays incubateur de la mobilité verte en Europe. Et cela peut se faire rapidement. Mark Pecqueur, de la Haute Ecole Thomas More, a récemment attiré mon attention sur le fait que chaque jour dans le port d’Anvers, nous éliminons des centaines de litres d’hydrogène. De l’hydrogène que l’on peut simplement utiliser pour alimenter les voitures à piles à combustible. Dans le domaine de l’infrastructure de recharge , les entreprises et les sociétés de leasing sont également les mieux placées pour être les premières à investir dans des solutions de recharge intelligentes.

J’espère donc sincèrement que le prochain gouvernement examinera enfin objectivement le potentiel du parc de voitures de société de notre pays. Pour en faure histoire positive. Le potentiel est là. Tout ce dont nous avons besoin, c’est de vision et de courage.

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