Nos automobiles à la diète !

Annoncé 420 kilos plus léger que son prédécesseur, le nouveau Range Rover est le roi de la diète. Une chasse aux kilos qui gagne tout doucement l’ensemble de l’industrie automobile, encouragée à réduire l’empreinte écologique de ses produits et les montants déboursés à la pompe.

Par Alain Vandersande 

Il faut bien l’avouer, le précédent Range Rover n’avait rien d’une ballerine. Luxueux et quasi capable de grimper aux arbres, l’emblématique SUV anglais embarquait une technologie ultra sophistiquée. Avec un revers de taille : son poids. Le début d’une spirale infernale, car pour vaincre l’inertie d’un pareil engin, il faut aussi du lourd sous le capot.

Une équation qui devient vite intenable en termes de rejets et de consommations. Dans ces deux registres, pas de miracle : le poids, c’est l’ennemi. Aussi, pour ramener sa masse à des valeurs raisonnables, le nouveau Range s’est gavé d’aluminium. Résultat : quatre quintaux en moins sur la balance ! Du jamais vu.

Plus léger, plus sûr

Autre mythe, même tendance, avec la Golf 7e du nom qui perd, en moyenne, 100 kg par rapport à la « 6 ». Reste qu’en un peu plus de 30 ans, la Golf a pris une demi-tonne ! Un embonpoint à mettre au compte de dimensions revues à la hausse et de nouveaux équipements comme la climatisation, les airbags, les renforts dans les portières, les systèmes de dépollution et des mécaniques de plus grosses cylindrées. Voilà qui ne l’a pas empêché de consommer toujours moins, et surtout de satisfaire à des normes de sécurité sans cesse plus strictes.

La dernière Golf en date a ainsi été conçue pour obtenir cinq étoiles aux crash-tests Euro NCAP. La première, pourtant considérée comme robuste à l’époque, n’en aurait pas même obtenu une… Est-ce une raison pour laisser nos automobiles gonfler sans retenue ? Les normes environnementales apportent une réponse catégorique à cette question…

Seulement voilà, « faire léger » coûte cher. Et détériore d’autant la compétitivité du produit … Comme le rappelle Jean-Marc Ponteville, Directeur de la communication chez Volkswagen Import, le problème du poids est un problème de coût. L’aluminium, le carbone, le magnésium apportent certes des réponses satisfaisantes à la problématique du poids, mais génèrent des surcoûts qu’il est difficile et peu souhaitable de répercuter sur le client. Chez Volkswagen, on a donc trouvé la parade avec de nouveaux types d’acier, dits à hautes limites d’élasticité, à la fois plus résistants et plus minces…

Plus léger, plus agréable

Mais construire léger permet aussi de proposer des voitures performantes et plus agréables à conduire. Des constructeurs comme BMW ou Mazda misent beaucoup sur cet argument. Le régime minceur fait partie de leur programme de développements produits depuis de nombreuses années déjà. « Chez Porsche, il fait même partie de tous les cahiers de charge depuis le 8 juin 1948 », insiste Bernard Van Bellingen, Responsable Communication chez Porsche Import. « La course fait partie de notre ADN. Or, pour gagner une course, il faut trois éléments : un moteur performant, une voiture légère et une bonne autonomie. »

Ces deux derniers éléments sont d’ailleurs intimement liés. Et pas qu’en course. Le véhicule électrique, par exemple, ne trouvera d’amateurs que s’il est capable d’accroître son rayon d’action tout en allégeant ses batteries…
En quelques années, le « léger » aurait-il rejoint « le sobre », « le sûr » et « l’économique» au rang des vertus majeures d’une automobile ?

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