Olivier Sermeus (Hyundai) : « Pas convaincu par le Private Lease »

Olivier Sermeus côté pile, Olivier Sermeus côté face. Une interview business, mais pas uniquement…

Olivier Sermeus, vous avez entamé votre carrière chez Rank Xerox avant de rapidement accéder au secteur du leasing. Ensuite, vous êtes toujours resté dans le secteur automobile. Pourquoi ?

Je ne dirais pas que mon choix pour le secteur automobile était vraiment volontaire. Lorsque j’étais Major Account Manager chez Rank Xerox, j’ai été contacté par LeasePlan, qui m’a proposé de les rejoindre. Ensuite, j’ai également travaillé chez KBC Autolease. Mais je souhaitais passer du côté de la production automobile. J’ai pris le risque d’aller travailler chez MG Rover. Et malheureusement, la marque a disparu. Je suis assez nostalgique par rapport à cette période. Et même si les circonstances étaient difficiles, j’ai beaucoup appris. Ce fut un épisode douloureux. Nous avions engagé du personnel car nous avions la garantie à 100% d’être repris. Et quelques mois plus tard, il a fallu se défaire de ces personnes. Cela m’a surtout appris à être toujours prudent par rapport aux rumeurs et aux promesses. Mais on apprend de chaque expérience. On développe une expertise, qui devient une valeur ajoutée dans le secteur. Et c’est ce qui m’a amené là où je suis aujourd’hui.

Hyundai, c’est l’histoire d’un incroyable succès. En quelques décennies à peine, la marque est passée du statut d’acteur insignifiant dont se moquait ses concurrents à celui d’acteur d’envergure mondiale. Quelle sensation cela fait-il d’être dans une équipe qui gagne ?

En 1977, Hyundai vendait 300 voitures en Europe. Aujourd’hui, c’est un peu moins d’un demi-million. C’est phénoménal. Et c’est naturellement un plaisir d’être dans le camp des vainqueurs. Mais c’est surtout la manière qui compte. Je fais ce travail depuis maintenant huit ans et j’ai encore connu la première génération du Tucson. Si vous comparez ce produit au Tucson actuel, vous tombez à la renverse. Et puis, l’avenir est prometteur. Nous avons notre Plan 2021 avec de nombreux nouveaux produits dans le tuyau. Pas seulement de nouvelles générations de modèles existants, mais aussi de nouveaux modèles dans des segments dont nous sommes aujourd’hui absents. Cette année encore, nous proposerons un SUV dans le segment B et la i30 sera bientôt déclinée en quatre variantes, dont une version Fastback qui est à mes yeux le plus beau modèle jamais conçu par Hyundai. Sur le plan technologique, beaucoup de nouveautés vont également arriver, avec surtout davantage de voitures respectueuses de l’environnement.

« L’Ioniq n’est pas une simple technologie de vitrine. Nous dépassons déjà nos objectifs de ventes. »

À propos de technologie justement : l’Ioniq présentée l’an dernier, trois motorisations écologiques dans un seul nouveau modèle, c’est du jamais vu… Mais pourquoi avoir attendu si longtemps pour la commercialiser ? Cette technologie, nous l’avions déjà vue voici huit ans lors d’une visite chez Hyundai en Corée du Sud…

Il ne faut pas oublier que Hyundai est toujours une marque jeune. Nous avons dû refaire notre retard dans un délai très réduit sur de nombreux fronts. Pas seulement au niveau des produits ou de la technologie, mais aussi par exemple dans le domaine de la logistique et de la distribution. Nous avons donc dû faire des choix. Nous avons aussi un peu cet esprit de ne pas vouloir à tout prix être le premier à faire quelque chose sur le marché. Mais c’est en train de changer. L’Ioniq en est une belle illustration. Mais ce qui me fait le plus plaisir, c’est que ce n’est pas une simple technologie de vitrine. En janvier, nous avons déjà atteint la moitié de l’objectif annuel pour la version hybride. Et pour la version électrique, nous avons déjà atteint le triple de l’objectif annuel.

Le secteur fleet est toujours dominé par les marques premium, surtout en leasing. Une marque comme Hyundai pense-t-elle au leasing pour particuliers afin de renforcer ses parts de marché dans le secteur fleet ?

Je ne vais pas nier que le marché fleet reste compliqué pour nous, comme pour de nombreuses marques non-premium, que ce soit au niveau des ventes ou du leasing. Aujourd’hui, nous devons essentiellement compter sur notre Tucson pour le marché fleet. 20% de ses ventes concernent le fleet, vente et leasing réunis. Mais depuis quelques années, la courbe progresse. Aujourd’hui, je ne suis pas encore convaincu par le Private Lease. Chez KBC Autolease, un de mes collègues expérimentés me disait toujours : le leasing, il ne faut pas en faire si cela ne te permet pas de gagner de l’argent. Ce qui me dérange avec le leasing pour particuliers, c’est que c’est une histoire de marketing avec laquelle ni les sociétés de leasing ni les constructeurs ne peuvent gagner de l’argent. Et puis, ces énormes remises pour les particuliers sont un véritable affront au visage des entreprises. À leur niveau, il est possible de justifier une remise en raison du volume, de la fidélité, etc. Bref, la logique économique du Private Lease m’échappe un peu.

« Les importantes remises accordées pour le Private Lease sont un véritable affront au visage des entreprises. »

Toute l’industrie automobile est dans une zone de turbulences. Les canaux de vente classiques sont remis en question. La voiture connectée et autonome se prépare à avoir un impact majeur sur l’industrie. L’autopartage peut aussi mettre sous pression la vente classique. Quelle est votre vision sur toutes ces évolutions ?

Le business model va évoluer, c’est une évidence. De nombreuses études existent, des projections dans le futur aussi, et même des scénarios-catastrophes. Tout le monde dit que nous sommes dans une phase de transition. Mais je me pose la question : quand allons-nous sortir de cette phase de transition ? Un exemple : comment concilier les voitures autonomes et la circulation actuelle ? La technologie sera prête bien plus rapidement que la législation. Il faudra gérer au mieux le moment-charnière et s’assurer qu’il soit le plus bref possible. En criant simplement le long de la ligne de touche, nous ne faisons pas avancer les choses. Toute l’histoire de l’humanité est faite de changements et d’évolutions. Je ne comprends donc pas pourquoi cela ne pourrait pas être positif pour notre industrie. Nous ne devons pas réfléchir en termes d’extrêmes, mais bien nous adapter en permanence à tous ces changements. Autre exemple : les ventes par Internet seraient une menace pour les distributeurs conventionnels. Moi, je dis ‘Non’ ! Regardez ces grandes enseignes comme Decathlon qui possèdent une plate-forme Internet parfaitement en harmonie avec leur réseau de magasins. Ils sont complémentaires et se stimulent mutuellement.

« Je fais chaque semaine environ 25 km avec mon cheval et c’est le moyen idéal pour me détendre. »

Nous sommes ici à votre domicile. Et dans le pré gambadent deux chevaux. Ils ne sont certainement pas là uniquement pour être admirés…

Cet intérêt pour les chevaux, il me vient de mes enfants. Au moment de la faillite de MG Rover, mes enfants ont commencé à faire de l’équitation. Et plutôt que de rester à ne rien faire, mon épouse et moi avons commencé aussi à pratiquer ce sport. Depuis, c’est devenu un vrai passe-temps et nous possédons même deux chevaux. Je monte chaque semaine. Le samedi matin, je parcoure environ 25 kilomètres. C’est pour moi le moyen idéal de me détendre. Avant, je faisais aussi du tennis. Mais sur le court, il m’arrivait de penser encore au travail. L’équitation réclame 100% de concentration car vous êtes sur un animal de 600 kg qui n’est pas entièrement prévisible. Je monte la même jument depuis des années et nous avons une très bonne relation de confiance. Et puis, l’harmonie entre le cheval et le cavalier est quelque chose de phénoménal. Et c’est nécessaire puisque l’on peut atteindre une vitesse de 53 km/h avec des arbres à seulement un demi-mètre. Il vaut mieux être attentif.

Si vous n’étiez pas aujourd’hui Managing Director de Hyundai Belux, que voudriez-vous faire ?

Je suis vraiment un homme d’extérieur qui aime l’activité. Être agriculteur me plairait. Mais c’est aussi un métier très lourd et sur le plan économique, la vie des agriculteurs est difficile. Pourtant, je serais un homme heureux si je pouvais marcher dans la boue tous les jours avec mes bottes (rires).

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