« Passons l’éponge » : la pétition anti-voitures de société lancée par les Bloemekets

Le groupement Bloemekets, défenseur d’une mobilité durable, profite de l’imminence de la Semaine de la Mobilité pour lancer une pétition anti-voitures de société.

Cette pétition est adressée à François Bellot, ministre de la Mobilité, Kris Peeters, ministre de l’Emploi, de l’Economie et des Consommateurs, Marie-Christine Marghem, ministre de l’Energie, de l’Environnement et du Développement durable et Johan Van Overtveldt, ministre des Finances.

« Supprimons cet avantage fiscale injuste »

« Supprimons cet avantage fiscal injuste et polluant », demande le groupement dans l’arguementaire justifiant la pétition appuyée par une campagne vidéo intitulée ‘La voiture de société, passon l’éponge’. « Alors que Bruxelles est dans le top 10 des villes les plus congestionnées d’Europe, le gouvernement belge continue d’inciter les entreprises à proposer des voitures de société à leurs employés. En effet, les voitures de société permettent de payer moins d’impôts. Il est difficile de renoncer à des avantages comme une voiture à coûts réduits et à la gratuité du carburant et des entretiens. Pourtant ceux qui en bénéficient doivent garder à l’esprit tous les problèmes générés par cette situation concernant l’environnement, l’égalité sociale et la mobilité. »

« Le remplacement fréquent de la flotte automobile a des conséquences négatives sur l’environnement »

Les Bloemekets s’appuient sur des rapports (dont nous avons déjà souligné à maintes reprises les faiblesses) de l’OCDE, du Bureau du Plan, etc. Et reviennent ensuite les arguments bateau de la taille des voitures de société, de leur puissance et de leur impact sur la pollution. Les Bloemekets parviennent même à critiquer le remplacement fréquent des voitures de société : « Contrairement aux idées reçues, le remplacement fréquent de la flotte automobile a des conséquences négatives sur l’environnement, même si les nouveaux véhicules sont moins polluants. En effet, la seule construction d’une voiture pollue autant en moyenne que son utilisation sur 20.000 km. Les véhicules de société ont donc un impact écologique plus important que les autres voitures. »

Cet avantage profite plus aux employés avec un salaire élevé »

Enfin, les Bloemekets laissent transpirer toute leur jalousie manifeste. Jugez plutôt : « Une voiture de société représente un avantage fiscal important car elle est moins taxée que le salaire. On pourrait penser que tout salarié peut en profiter. Légalement tout le monde y a droit mais en pratique, cet avantage profite plus aux employés avec un salaire élevé. En effet, il est difficile de se permettre, lorsqu’on a un petit salaire, de remplacer une partie de celui-ci par un avantage en nature du montant d’une voiture. En Flandre, 23% des foyers gagnant plus de 5.000 € net ont une voiture de société, contre moins de 1% des foyers gagnant moins de 2.000 € net. Le régime fiscal des voitures de société réduit la progressivité de l’impôt et rompt avec la proportionnalité des cotisations sociales. Il s’agit d’un avantage injuste. »

« Alternatives loin de résoudre le problème »

Et les Bloemekets de conclure : « Nous estimons qu’au lieu de financer les voitures de société, l’Etat belge devrait améliorer l’offre et les infrastructures pour les navetteurs (parkings de dissuasion, transports en commun) et pour les cyclistes, afin de proposer des solutions efficaces et durables aux problèmes de mobilité actuels. Le gouvernement actuel propose des alternatives au système des voitures de société. Cependant, ces alternatives sont loin de résoudre le problème de la défiscalisation injuste des voitures de société et ses effets estimés en termes de réduction du nombre de voitures en circulation sont peu significatifs ».

 

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