Philippe Quatennens: « Envoyez nos ministres de la Mobilité en voyage d’études au Japon »

J’étais récemment à Tokyo pour le Tokyo Motor Show. À elle seule, cette métropole compte plus d’habitants que notre petite Belgique (13,2 millions). Prise au sens large, l’agglomération de Tokyo regroupe 35 millions de personnes. La population totale du Japon compte quant à elle 127 millions d’âmes … sur une île à peine 12 fois plus grande que notre pays.

Autant de personnes sur une superficie si restreinte, voilà une recette favorable au chaos, pourrait-on penser. Cela se remarque pourtant peu dans cette ville densément peuplée. Je ne peux dès lors m’empêcher d’admirer à chaque fois la magnifique organisation des Japonais. Les transports en commun y présentent infrastructure très bien développée. Ils y affichent aussi une extrême régularité. Prenons l’exemple du métro. Il est précis à la seconde près. Inutile de vous presser pour embarquer le premier. Les rames de métro s’arrêtent à un trait, la porte s’ouvre et vous prenez place sur un siège. Tout est propre, jusqu’à et y compris les escalators aux rampes antibactériennes ! Les Japonais ont aussi surtout compris que les transports en commun souterrains sont les plus efficaces, et rendent la cohabitation avec l’auto plus naturelle.

Les Japonais ont compris que les transports en commun souterrains sont les plus efficaces.

La voiture n’est pas réprouvée dans les rues de Tokyo. Bien sûr, la circulation sur les principaux axes routiers est dense. Cependant, comme les Japonais investissent depuis des décennies dans des systèmes de gestion du trafic, le flux reste toujours garanti, même aux moments les plus chargés de la journée. Ils n’ont pas peur non plus d’interdire les voitures le week-end dans les rues commerçantes. Et lorsqu’il faut des travaux d’infrastructure, ils ont lieu la nuit dans le plus grand respect des délais. Pas de pagaille avec des bandes de circulation fermées des jours à l’avance comme chez nous. Le travail commence à dix heures le soir et arrêtent à six heures du matin.

Chez nous, le politique opte pour une vision imposée qui ne correspond pas à la volonté de la population : nous devons prendre davantage les transports en commun … mais nous ne le faisons pas. Nous préférons encore être dans les files avec notre voiture. Cela en dit long sur la qualité de nos transports en commun. Pourtant, l’exemple japonais démontre clairement que cette opposition n’a pas sa place … pour autant que l’on prévoie des solutions. Avec une population de seulement 11,35 millions de personnes, il est absolument anormal que nous affichions un score si mauvais en matière de mobilité. Tokyo en est la meilleure preuve… Un voyage d’étude pour nos quatre ministres de la Mobilité (rien que ce nombre est éloquent) au pays du Soleil levant, voilà qui me semble une très bonne idée !

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Tags: Mobility