Plus d’embouteillages sur les routes régionales que sur les autoroutes ?

FEBIAC plaide pour que l’on rende aux routes régionales leur vocation première : relier et fluidifier les axes !

fileD’après une enquête de B-mobile, les routes régionales sont plus encombrées que les autoroutes (De Standaard – 20/04/2015). Une constatation pour le moins inquiétante, surtout quand on connaît l’importance de ce réseau pour notre (auto-)mobilité. Mais faut-il vraiment s’en étonner ? Tout le monde sait à quel point les voies secondaires sont mal entretenues depuis plusieurs décennies : feux de circulation non synchronisés, ronds-points et carrefours implantés de manière désordonnée ou incohérente, innombrables accès aux centres commerciaux et parcs d’entreprises, travaux interminables… Tout semble possible et témoigne d’un manque de soin et d’une incompétence incroyables ; quant à l’acheminement du trafic, fonction principale de ces routes, nul ne semble y songer. La capacité et la fluidité de la circulation s’en trouvent dégradées, avec à la clé les ralentissements et les files que nous connaissons et également comme supplément indésirable, une augmentation de la consommation et des émissions de polluants.

FEBIAC plaide depuis longtemps pour une revalorisation du réseau de voies régionales. Celles-ci constituent en effet un maillon indispensable dans notre infrastructure routière. Tout pour l’autoroute ? Cette stratégie n’est pas la bonne. Au contraire ! Un réseau régional performant présente de grands avantages : il offre une possibilité de repli (« bypass ») aux usagers de l’autoroute. Cela améliore sensiblement la fluidité du trafic dans l’ensemble du réseau. En cas d’incident sur l’autoroute, par exemple, on peut dévier temporairement les véhicules vers le réseau régional.

Deuxième avantage : la capacité totale du réseau routier augmente. Cela permet d’absorber une partie de la croissance prévue de la mobilité.

Enfin, la revalorisation du réseau régional coûtera moins cher que l’extension du réseau des grands axes, en raison d’une conception moins exigeante (p. ex. moins de croisements à plusieurs étages).

Suivant l’exemple des pays voisins, il faut modifier la structure de notre réseau routier afin que les déplacements régionaux (les plus courts) n’empruntent plus les autoroutes, mais un réseau (système) propre. À cet effet, il conviendra de revaloriser une partie limitée du réseau régional qui pourra fonctionner en tant que système distinct, cohérent, parallèlement au réseau autoroutier.

Par ailleurs, une question se pose régulièrement : un réseau régional amélioré ne risque-t-il pas de générer davantage de trafic, par effet dit « d’aspiration » ? Si une route nouvelle, élargie ou refaite, est tout de suite saturée, sans doute était-il grand temps de la mettre en service… Cela signifie en effet que les flux de trafic – en apparence nouveaux – se trouvaient déjà ailleurs sur le réseau.

Souvent sous une forme parasite, avec les surcharges locales et l’insécurité que l’on imagine. Attirer les flux de véhicules et les canaliser là où leur vraie place se trouve, là où il est possible de mieux les accueillir et les contrôler : le bénéfice est clair.

Pour conclure, rappelons une évidence : le réseau routier et sa capacité ne sont pas extensibles à l’infini, ne serait-ce qu’en raison d’un espace limité. FEBIAC ne demande pas plus de routes, ni plus de béton. La priorité est d’ajouter un certain nombre de maillons manifestement manquants et de miser sur l’optimisation du réseau routier, parallèlement à la gestion de la capacité et à des solutions multimodales de qualité. Et qui dit gestion de capacité, dit automatiquement taxe kilométrique intelligente pour tous les véhicules, en remplacement de l’impôt actuel, souvent forfaitaire, sur la possession de la voiture.

 

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