Renta et Febiac réagissent au plan de Magnette

L’informateur Paul Magnette souhaite n’accorder une déductibilité qu’aux voitures de société ‘zéro émissions’ à partir de 2023. Le secteur – Febiac et Renta en tête – n’a pas tardé à réagir.

Frank Van Gool – Renta : un peu de concertation, svp !

Chez Renta, on s’interroge avant tout sur le timing : « 2023, c’est trop court ! C’est pourquoi nous demandons expressément à pouvoir participer à la discussion sur les modalités. On pourrait par exemple imaginer que seuls les nouveaux véhicules soient concernés. Si tous les véhicules déjà en circulation sont soumis à des charges plus élevées, cela affectera la classe moyenne et les employeurs. En outre, les hybrides peuvent jouer un rôle utile dans une période de transition, en particulier pour les personnes qui ont un problème de recharge. Dès lors, pourquoi ne pas faire une exception pour cela », déclare Frank Van Gool, directeur général.

Infrastructure et modèles disponibles

La raison pour laquelle Renta s’interroge sur ce court délai est également liée à la fois à l’infrastructure de recharge et aux modèles disponibles : « Le gouvernement doit trouver des solutions pour assurer l’approvisionnement en électricité. Cela concerne l’infrastructure des bornes de recharge ainsi que la production d’électricité et le réseau de distribution. En effet, dans l’état actuel des choses, nous ne sommes certainement pas prêts à faire une transition brutale vers un parc de véhicules de société entièrement électrique à court terme. De plus, l’offre de modèles ‘full électriques’ n’est pas encore suffisante. Nous n’avons pas de boule de cristal. Impossible aujourd’hui de savoir s’il y aura des modèles électriques disponibles dans chaque segment d’ici là. De plus, le prix de revient est actuellement plus élevé pour les VE que pour les voitures classiques. Si cela ne change pas, cela représentera un certain coût pour les entreprises. »

L’impact sur l’environnement ne sera pas spectaculaire

Enfin, Frank Van Gool a quelques remarques à faire sur les bénéfices environnementaux : « 20% des kilomètres sont parcourus par des voitures de société qui ont en moyenne 2 ans. En d’autres termes, 80 % des kilomètres sont parcourus par des voitures particulières qui ont en moyenne plus de 10 ans d’âge. L’impact sur l’environnement n’est donc pas spectaculaire. Et puis, il y a le risque qu’une telle mesure pousse les gens à revenir à des voitures particulières qui ont en moyenne plus de 10 ans. Avec tout l’impact négatif sur l’environnement. »

Febiac : hallucinant

La fédération des importateurs a également réagi avec indignation aux plans de Magnette.

Le porte-parole de Febiac, Joost Kaesemans : « Le PS est à la tête des gouvernements bruxellois et wallon, dont les accords ne contiennent pas un seul mot sur les bornes de recharge, ni sur la mobilité électrique d’ailleurs. Mais toutes les voitures de société devraient être électriques d’ici quatre ans. C’est tout simplement hallucinant. »

« Nous reconnaissons que les voitures de société sont la porte d’entrée idéale pour accélérer la mise sur le marché de cette technologie. Mais il y a quelques exigences en retour. En tant qu’entreprise, essayez de déposer une demande à Bruxelles pour 10 bornes de recharge… Vous êtes confronté à un problème administratif et à de très longs délais d’attente. De plus, la voiture électrique n’est pas une solution pour tous les conducteurs. Certains d’entre eux parcourent beaucoup de kilomètres professionnellement et n’ont pas le temps de recharger pendant deux heures entre deux rendez-vous. Et encore faut-il trouver une station de recharge… En d’autres termes, ce plan n’a aucun sens « , conclut M. Kaesemans.

Inscrivez-vous maintenant à FLOW, l’e-letter hebdomadaire de FLEET.be !