Renta réagit à l’étude de BSI : « Les chiffres manquent de nuances »

Frank Van Gool

Le caractère écologique de la voiture de société est un des chevaux de bataille de Renta, la fédération belge des loueurs de véhicules. Frank Van Gool, Directeur Général, estime que les chiffres du BSI manquent singulièrement de nuances.

Van Gool était lui aussi présent à la présentation du BSI et y va de ses propres commentaires : « Les chiffres les plus récents du BSI tendent à monter que, au moment de l’achat, les voitures de société s’en sortent mieux en termes de CO2. Et c’est logique puisqu’il s’agit essentiellement de voitures roulant au diesel. Mais in fine, elles feraient moins bien – entre guillemets – car elles parcourent davantage de kilomètres qu’une voiture privée. Le BSI en tire donc la conclusion que les voitures de société sont plus polluantes. »

Frank Van Gool estime qu’il s’agit là d’une conclusion plutôt malhonnête. « Nous parlons en effet de gens qui roulent aussi à titre professionnel. Ils effectuent donc de toute façon ces kilomètres, avec ou sans voiture de société. Le BSI examine aussi l’Ecoscore qui établit un lien rapide entre particules fines et diesel. Selon le BSI, la voiture de société obtient, avec son diesel, un mauvais résultat sur cette composante de pollution locale. »

Renouvellement rapide

Mais ce dernier point manque aussi de nuances selon le directeur de Renta. « Nos arguments principaux sont les suivants : les diesels modernes doivent répondre à des normes très strictes en matière d’émissions – y compris de particules fines – et ils sont aussi renouvelés beaucoup plus rapidement. L’âge moyen d’une voiture de société est de 2 à 3 ans, alors que celui d’une voiture particulière est supérieur à 9 ans. Voilà un fait incontournable. »

Et notre interlocuteur d’ajouter : « Quand on regarde le parc roulant total, il est clair que la voiture de société est en moyenne d’une génération nettement plus jeune et possède aussi des caractéristiques écologiques bien meilleures. Il nous semble un peu court de ne tenir compte que des nouvelles ventes comme base pour ces chiffres », affirme F. Van Gool.

« Ceci étant dit : il est clair qu’aujourd’hui, le diesel ne peut compter que sur une adhésion très limitée de la part de l’opinion publique. Même si, pour les raisons que je viens d’énoncer, cela n’est pas tout à fait justifié. Nous pouvons partager l’idée, en tant que représentant du secteur, qu’il faut du changement. Nous sommes l’un des secteurs par excellence qui pourrait faire rapidement évoluer les choses. Mais il faut une approche graduelle qui soit suffisamment réaliste pour passer ce cap », conclut Frank Van Gool.

Découvrez la réaction de Joost Kaesemans (Febiac)