Sophie Wilmès, ministre du Budget : « Ce que rapporterait la fin de la voiture de société ? Impossible à dire ! »

Toute la vérité et rien que la vérité sur les voitures de société, c’est ce que nous avons tenté de connaître lors d’un tête à tête exclusif avec la ministre fédérale du Budget, Sophie Wilmès (MR). Et comme nous pouvions nous y attendre, rien n’est simple… Car tout est dans tout !

Combien coûte réellement la voiture de société à l’Etat ?

Sophie Wilmès : « Je pense que l’on peut, a priori, faire confiance aux calculs du Bureau fédéral du Plan. Donc, environ deux milliards, c’est le coût du manque à gagner pour l’Etat par rapport à l’avantage donné. Il ne faut pas pour autant tirer des conclusions linéaires sur ce qu’il se passerait dans le portefeuille de l’employé ou de l’employeur si nous devions supprimer cet avantage. »

Combien les voitures de société coûteront-t-elles en 2020 avec la nouvelle fiscalité ?

Sophie Wilmès : « Le coût du fleet ne représente qu’une partie de cette réforme. Mais c’est comme ça : quand on essaie de faire une réforme budgétairement neutre, il faut tenter de trouver des moyens de financements ailleurs. On a trouvé, du côté des flottes automobiles, environ 400 millions. »

La fin de la voiture de société rapporterait-elle vraiment deux milliards à l’Etat ?

Sophie Wilmès : « Quand on comprend à quel point la voiture de société est ancrée dans l’ensemble du biotope économique, il est particulièrement difficile d’établir des projections réelles de ce que coûterait ou rapporterait la cessation de l’avantage. »

Le CD&V et l’Open VLD proposent des voitures de société zéro émission d’ici 2023 ou 2028. Qu’en penser ?

Sophie Wilmès : « La démarche est très intéressante d’un point de vue politique, parce qu’elle montre ce vers quoi il faut aller. Il faut avoir des objectifs ambitieux et se dire qu’il ne faut pas traîner. Mais sera-ce pour 2023, 2025 ou 2028 ? Je ne peux pas vous le dire. »

Ce gouvernement a instauré le budget mobilité et l’allocation de mobilité (cash for car). Convaincue par ces deux solutions ?

Sophie Wilmès : « Je pense que cash for car et budget mobilité sont de très bonnes idées. Parce qu’ils changent les paradigmes habituels, amenant de nouvelles réflexions dans le chef des autorités, mais aussi de l’employeur et de l’employé. Le salarié a le choix et la liberté d’y souscrire ou pas, avec une notion qui me semble fondamentale : idéalement, un travailleur devrait pouvoir jouir à 100% de son salaire net comme il le souhaite. Avec ces deux solutions, on se rapproche de cette dynamique-là. »

Vous parliez de propositions de mobilité. Quelles sont-elles dans votre chef ?

Sophie Wilmès : « Il ne faut pas faire de l’idéologie pour l’idéologie. Il faut voir les choses dans leur globalité et certainement ne pas faire de la voiture l’ennemie. »

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