Christophe Dubon (FEBIAC) : « Voitures de société : pourquoi tant de haine ? »

Christophe Dubon est porte-parole à la FEBIAC, Fédération Belge de l’Industrie Automobile et du Cycle. Il s’est fendu d’une carte blanche étayée par quelques chiffres de base qu’il semble bon de rappeler. Voici son billet d’humeur in extenso :

« Plus un jour ne passe sans que le sujet ne soit remis sur la table. Ce jeudi encore, entre un article publié par Bertrand Henne sur le site Internet de la RTBF et la présentation du programme électoral de Groen, la toile s’agite.

Les voitures de société coûtent cher à la collectivité, elles encombrent inutilement nos routes et polluent exagérément l’air que nous respirons. Tout cela en contribuant grandement au réchauffement climatique.

S’il ne fait pas un grand mystère qu’une partie de la gauche politique a fait de son objectif majeur l’abolition du principe de la voiture « salaire » à brève échéance, ce combat idéologique bien plus qu’écologique cristallise plus que jamais les tensions entre bénéficiaires du système qui ne voient pas pourquoi cet acquis salarial devrait être remis en question, et ceux qui estiment à contrario qu’il s’agit là d’une aberration pure et simple.

Permettez-moi d’apporter à ce débat quelques éléments de réflexion factuels et chiffrés :

–         Sur les 5,8 millions de voitures immatriculées en Belgique, 1,2 million sont inscrites au nom d’une entreprise. Selon le Brussels Studies Institute, 635.000 de ces voitures de société peuvent également être utilisées pour des trajets privés.

–         Ces 635.000 voitures sont plus communément appelées « voitures salaires ». Elles représentent donc 11 % du parc total.

–         En 2017, les émissions de CO2 moyennes des voitures neuves achetées par des particuliers étaient en Belgique de 119.2 gr/km. Celles des voitures de société étaient de 112.3 gr/km.

–         En 2018, parmi les immatriculations de voitures de société, on a recensé 7,4% d’immatriculations de voitures propulsées par une énergie alternative. Cette proportion chutait à 4,2% pour les immatriculations réalisées par des clients privés.

–         Les voitures de société les plus immatriculées en 2018 dans notre pays étaient, dans l’ordre, la Volkswagen Golf, la Fiat 500, la Skoda Octavia, la Renault Scenic et la Hyundai Tucson. On est ici assez loin de la représentation collective que d’aucuns se font des « grosses et imposantes » voitures de société.

–         Une étude menée en 2016 a démontré que si l’on supprimait les voitures de société, 85% des utilisateurs opteraient toujours pour une voiture (privée) pour effectuer leurs trajets domicile – lieu de travail. Ces voitures seraient renouvelées moins régulièrement et embarqueraient en outre moins de systèmes actifs et passifs de sécurité. Vu la part de la voiture de société dans le parc automobile belge, le gain pour la mobilité ne dépasserait pas… 3% alors que l’impact écologique – véhicules renouvelés moins régulièrement et présentant donc des émissions plus élevées – serait revu à la hausse.

Vous l’aurez compris, s’attaquer à la voiture de société, c’est s’attaquer non seulement au pouvoir d’achat de 635.000 familles, mais également à 11% – seulement – du parc automobile belge. Sans parler des alternatives, inexistantes pour une écrasante majorité de citoyens, qui ne peuvent tout simplement pas se reposer sur un système fiable de transports en commun dès l’instant où ils sont domiciliés en-dehors des grands centres urbains.

Une dernière chose. Le secteur automobile emploie 120.000 personnes dans notre pays. Les simulations les plus récentes estiment que l’abolition du système de la voiture salaire pourrait compromettre les emplois de 20.000 de ces personnes.

Un sacrifice justifié sur l’autel de l’idéologie et de la jalousie ? »

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