6,66 euros pour éradiquer les diaboliques bouchons ? C’est ça qu’il fallait !

Après la vignette autoroutière et la taxe kilométrique intelligente, voici la taxe routière super intelligente ! Le superlatif qui nous sauvera la vie !

taxe routière super intelligente Grégory Livis
Grégory Livis,
Rédacteur en chef de FLEET.be

Nous connaissions le concept de vignette autoroutière, défendue en Wallonie. Objectif : faire payer tous les utilisateurs des (auto)routes wallonnes à tout moment.

Nous connaissions aussi la taxe kilométrique intelligente qui consiste à faire payer les utilisateurs pour toute utilisation des autoroutes, avec des tarifs modulés selon les pics de pointe. Bruxelles y est favorable. Et jusqu’à il y a quelques mois, la Flandre aussi. Finalement, ce projet ne figure même pas dans la note de départ des négociateurs flamands.

Eh bien, voici désormais la « taxe routière super intelligente« , une trouvaille de la KULeuven.

taxe routière super intelligente embouteillage
Quel soulagement de savoir que la recherche universitaire avance pour bientôt éradiquer ce mal du siècle !

Un superlatif en plus qui fait toute la différence. Ah non, peut-être ? Car ce nouveau concept « super intelligent » – foi de chercheurs universitaires ! – garantit la fin des embouteillages. Si, si, vous lisez bien : finis les bouchons ! Pour toujours !

Et ce, pour « seulement » 6,66 euros. Par jour, évidemment. Mais seulement si les routes sont utilisées en heures de pointe. Car les automobilistes qui circuleraient en dehors des heures de pointe, eux, voyagerait « gratis ». Oui, Monsieur !

Et si 6,66 euros semble être un montant trop diabolique, il est possible d’opter pour une version plus « light » à 3,33 euros… On se croirait chez le médecin : dites 33 !

Pourquoi, diable, n’y avait-on donc pas pensé plus tôt ?

De 7h10 à 9h10 seulement

Mettons l’ironie un instant de côté. Cette étude de la KULeuven est partie d’un principe : les heures de pointe matinales s’étalent de 7h10 à 9h10, avec un gros pic aux alentours de 8h30.

Du coup, les chercheurs préconisent de faire varier le tarif routier au sein de cette fourchette horaire. Un tarif progressif de 7h10 à 8h30, un tarif régressif de 8h30 à 9h10 et un tarif nul avant 7h10 et après 9h10. Le tarif maximal avoisinerait les 6,66 euros.

Nos chercheurs universitaires ont réfléchi. Chassez le naturel, il revient au galop : l’ironie est (déjà) de retour ! Ils se sont dit : « oui, mais c’est peut-être trop cher pour les travailleurs qui n’ont aucune flexibilité dans leurs horaires de travail et qui ne peuvent pas se tourner vers le télétravail… »

Alors ils ont inventé la « mini-taxe super intelligente » ou la « taxe mini-super intelligente » ou… On prend le même principe, mais à 3,33 euros pour les automobilistes qui arrivent entre 7h50 et 8h50.

Dans ce cas de figure, l’éradication totale n’est pas garantie. Mais les files se réduiraient quand même de 75%. Bah, c’est toujours ça de pris !

Tu as une voiture-salaire ? Tu paies !

Pas de panique, chers navetteurs : ces montants seraient déduits des taxes de roulage. Sauf pour les bénéficiaires d’une voiture-salaire !

Ceux-ci provoquant « un usage exagéré de la voiture et des bouchons supplémentaires » (dixit les conclusions de l’étude), ils devront payer eux-mêmes s’ils n’ont pas d’obligations strictes à ces heures-là ! Et évidemment, pas de réduction de taxes, dans ce cas-ci ! A moins que…

L’étude le précise : « On part du principe que les utilisateurs de voitures-salaires paie eux-même quand ils n’ont pas d’obligations strictes. » Ouf, ils ont pensé à cette éventualité. Est-ce à dire que, s’ils ont un mot d’excuse de leur patron ou de leur client, les conducteurs de voitures-salaires pourront s’arranger pour faire payer la note par quelqu’un d’autre ? L’histoire ne le dit pas.

Ah oui, j’allais oublier : nos braves chercheurs se sont penchés sur les heures de pointes matinales. Pas sur celles du soir… Soit celles-ci ne sont pas graves au point d’être tarifées. Soit il faudra penser à doubler les sommes précitées.

Mais oui, bien sûr, il suffisait d’y penser !

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