Elections sociales : rien à foutre de la voiture de société !

élections socialesLe processus des élections sociales a commencé ce lundi 9 mai et durera deux semaines au sein des entreprises. L’enjeu est important : il s’agit d’élire les personnes qui, de l’avis du plus grand nombre, seront les mieux à même de défendre les droits de l’ensemble des travailleurs envers la direction.

Certains de ces travailleurs disposent d’une voiture de société. Pour certains, il s’agit d’une réelle voiture de fonction. Pour d’autres, la voiture s’apparente à une compensation salariale. Dans tous les cas, ces gens et leurs droits doivent aussi être défendus.

D’où l’initiative de la rédaction de FLEET.be, voilà quelques mois, de contacter les grandes instances syndicales du pays pour connaître leur point de vue sur le régime tant décrié de la voiture de société.

Le régime de la voiture de société constitue-t-il une politique salariale absurde ? Faut-il, selon vous, carrément supprimer la voiture de société ? Etes-vous prêt à donner votre accord pour que les travailleurs disposant d’une voiture de société paient davantage d’ATN ? Comment le dossier « budget mobilité » doit-il être abordé selon vous ? Que doit-il contenir ? Qu’est-ce qui peut en faire une réelle réussite ? Que pensez-vous des pistes visant à améliorer (au moins un peu) la mobilité, comme la flexibilité du travail et des horaires, le télétravail, etc. ?

Voilà les questions simples que nous avons envoyées. Le but était de pouvoir au moins faire entendre la voix des représentants des travailleurs sur ce sujet. Car les instances syndicales restent en général très absentes de ce débat qui touche pourtant souvent au salaire et aux acquis des travailleurs.

Rien à foutre ou peur de se mouiller ?

Si les syndicats restent absents de ce débat, c’est manifestement parce qu’ils ne s’en soucient pas. Nous en sommes désormais convaincus ! Sans doute parce que ces questions ne concernent finalement que quelques centaines de milliers de travailleurs. Quantité négligeable, sans doute. Une toute petite minorité, en tout cas !élections

Le syndicat libéral (CGSLB) a confié notre questionnaire (pourtant très concis) à son service d’étude en date du 15 mars. Vous avez reçu une réponse, vous ? Nous, en tout cas, nous n’avons rien vu venir.

Du côté du plus grand syndicat du pays, la CSC, la réponse a été radicale : « Nous ne préférons pas donner suite à votre questionnaire pour le moment. Merci de votre compréhension ».

Et franchement, nous préférons encore recevoir une réponse négative que les banalités que nous a transmises la SETCa/FGTB. Jugez plutôt :

« Je reviens vers vous suite à votre demande relative à votre dossier sur les véhicules de société et la mobilité. Plusieurs de vos questions étant étroitement liées, voici ci-dessous une réponse globale avec notre point de vue sur le sujet. Mettre en place une mobilité durable et respectueuse de l’environnement est important. En tant que SETCa, nous sommes ouverts à une discussion à cet égard mais à condition que ceci fasse l’objet d’une concertation sociale dans les secteurs et/ou les entreprises. Les travailleurs doivent pouvoir disposer de suffisamment d’options en matière de moyens de transport pour effectuer le chemin du travail. Enfin, pour les travailleurs possédant actuellement un véhicule de société, il est clair qu’il ne peut y avoir de perte nette. En ce qui concerne la flexibilité, nous sommes évidemment favorable à toute discussion permettant de mettre en place un encadrement collectif dans l’intérêt de la mobilité des travailleurs. »

Nous en avons d’abord souri, tant cette réponse était entendue et attendue. Finalement, nous nous demandons s’il ne faut pas plutôt en pleurer. C’est désormais à vous de répondre à cette question : les syndicats n’en ont-ils rien à foutre des « problématiques » voitures de société et mobilité ou ne veulent-ils simplement pas se mouiller, préférant attendre des décisions gouvernementales qu’ils pourront ensuite critiquer à souhaits ? Et après avoir répondu, peut-être devrez-vous aller voter…