C’est le BSI qui le dit : votre voiture de société pollue plus que les autres…

De nombreux clichés circulent à propos de la voiture de société, tant positifs que négatifs. La chaire sur la mobilité durable du BSI a confronté ces clichés à la réalité, et cela a fourni quelques résultats étonnants.

Nils Hooftman, chercheur à la VUB, a analysé l’impact de la voiture de société sur l’environnement par rapport au véhicule du particulier moyen. Il a pu disposer pour ce faire des chiffres d’immatriculation du Service d’immatriculation des véhicules (DIV) pour les années 2015 et 2016.

Pour comparer les voitures, Hooftman s’est intéressé à ce que l’on appelle « l’écoscore » des véhicules. Celui-ci évalue le comportement écologique d’une voiture sur une échelle jusqu’à 100. Pour ce faire, le système ne se base pas exclusivement sur les émissions de CO2. Il prend également en compte le bruit et les émissions de gaz comme l’azote afin d’avoir une image la plus globale possible de l’impact de la voiture sur l’environnement.

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« En 2015, la voiture de société obtenait un score moyen de 65 sur 100 sur cette échelle, en 2016 même 66 », précise Hooftman. « Soit presque 10 points de mieux que la voiture moyenne sur nos routes, qui décroche un score de 57 pour les deux années. Par contre, les véhicules neufs vendus durant ces deux années aux particuliers affichaient un meilleur score, respectivement 67 et 68. Le cliché voulant que les voitures les plus vertes soient des voitures de société ne se vérifie donc pas. »

 

L’Ecoscore des voitures neuves en Belgique, selon qu’elles appartiennent à un particulier (premier tableau) ou à une société (deuxième tableau).
© Nils Hooftman

Un marché privé « plus propre »

Il est évident que les voitures neuves sont toujours plus propres que les anciennes. Quant au fait que les plus écologiques parmi elles proviennent tout de même surtout du marché privé, Hooftman l’attribue au choix du carburant de très nombreuses voitures de sociétés : « Le parc de voitures de société compte en effet une grande part de moteurs diesel. Là où depuis 2013 déjà, le marché privé dénombre moins de voitures diesel qu’essence, le marché fleet compte encore une part considérable de diesels en 2015 et 2016, de respectivement 78 et 71%. Et les gaz d’azote qu’émettent ces voitures pèsent lourd dans leur écoscore. »

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Ceci nous amène sans transition à la deuxième composante de la présentation d’Hooftman, l’impact de la voiture sur le climat par carburant. Le chercheur a comparé pour ce faire les émissions de la voiture électrique, essence et diesel moyennes dans notre pays, en y associant également le traitement du carburant, le transport de véhicules, etc. à l’intérieur de nos frontières nationales.

Ces chiffres font apparaître que l’impact d’une voiture à essence sur notre santé est deux fois plus élevé que celui d’une voiture électrique. Et la différence est encore plus importante pour les voitures diesel : elles ont six fois plus d’impact que les voitures électriques. « À nouveau un argument pour faire disparaître les diesels de la flotte de voitures de société », conclut Hooftman.