Le vrai bilan CO2 des voitures de société en Belgique

Suite à l’annonce des plans du gouvernement Michel de revoir – à terme – les échelles de déductibilité des voitures de société, FLEET.be a cherché à dresser un portrait le plus réel possible du parc belge des voitures de société. Ce que nous sommes parvenus à faire avec l’aide de FEBIAC, que nous remercions chaleureusement.

 

Le tableau ci-dessus montre les tranches de déductibilité (actuelles) par type de propriétaires (sociétés et indépendants) et par type de carburants du parc total de voitures de société en circulation au 30 juin 2017.

Du côté des sociétés, ce sont les tranches de 75 % et 90 % de déductibilité qui sortent du lot. Les indépendants, sans doute (un peu) plus enclins à se faire plaisir avant de penser à leur feuille d’impôts, la majorité tourne plutôt autour des 70-75 % de déductibilité.

Répartition du parc de voitures de société en Belgique par niveau de déductibilité
Infogram

Considérations par rapport aux plans du gouvernement fédéral

1. Alors qu’elles sont encore déductibles à 120 %, les voitures électriques sont anecdotiques (0,39 % du parc total inscrit sur un numéro de TVA). Nous n’osons même pas imaginer ce que ça donnera quand le gouvernement (s’il décide finalement de passer à l’acte) descendra ce seuil de 120 à 100 %.

2. Si l’équipe de Charles Michel entend également s’attaquer à ce qu’elle appelle les « faux hybrides », les hauts de gamme (parfois ? souvent ?) mal utilisés, elle devrait aussi faire mal aux plus petits véhicules hybrides. En effet, en reconfigurant l’échelle des déductibilités comme il prévoit de le faire à l’horizon 2020, le gouvernement rendra ce segment encore plus marginal qu’il ne l’est aujourd’hui (moins d’1 % au total), alors qu’ils sont encore déductibles à 100 %…

3. Dès 2018, Charles Michel et Johan Van Overtveldt veulent descendre le seuil minimum de déductibilité de 50 à 40 %. On ne sait pas encore, pour l’heure, quels grammages de CO2 seront concernés. Mais, au vu du tableau ci-dessus, l’impact sera limité à 5 à 7 % du parc actuel de voitures de société (selon que l’on compte les « bizarreries » des données, regroupées sous la rubrique « Inconnu/Autre », ou pas). 5 à 7 %, c’est entre 58.000 et 80.000 voitures, sur un total de près d’1,2 million. Quantité (presque) négligeable !

Histoires de moyennes

1. Au 30 juin 2017, le niveau moyen d’émissions de CO2 des voitures immatriculées sur un numéro de TVA était de 129,1 grammes. Ce sont les indépendants qui « plombent » la moyenne, avec 147,7 grammes (contre 123,6 grammes pour les sociétés).

2. En approfondissant l’analyse par type de propriétaires et de carburant, nous constatons que les sociétés roulant au diesel affichent une moyenne de 123 grammes, contre 127 pour celles qui ont fait le choix de l’essence. Dans les deux cas, le niveau moyen de déductibilité s’élève donc à 75 %. En ce qui concerne les indépendants, le niveau moyen d’émissions de CO2 s’élève à 145,2 grammes (à la limite entre 70 et 75 % de déductibilité) pour le diesel et 152 grammes pour l’essence (75 % de déductibilité).

3. Plus d’une voiture de société sur cinq (21,5 %) roule à l’essence. Si seulement 18,1 % des sociétés optent pour l’essence, un tiers des indépendants (32,8 %) donnent leur préférence à ce carburant.

Quelques chiffres remarquables

1. Le niveau d’émissions de CO2 le plus représenté dans les sociétés est de 99 grammes pour le diesel (52.342 voitures) et 119 grammes pour essence (4.999 unités, y compris CNG et LPG).

2. Chez les indépendants, le niveau d’émissions de CO2 le plus représenté est de 119 grammes pour le diesel (4.780 voitures) et 139 grammes pour l’essence (2.929 exemplaires).

3. La voiture la plus polluante (en termes de CO2) inscrite au nom d’une société est un modèle essence émettant quelque 488 grammes.

4. Du côté des indépendants, la voiture la plus polluante roule au diesel et affiche quelque 527 grammes de dioxyde de carbone.

Et à l’avenir ?

Au 1er septembre 2017, le nouveau test de consommation et d’émissions WLTP entrera en vigueur. Il livrera évidemment de nouveaux résultats. Les spécialistes s’accordent à dire que les chiffres devraient augmenter, en moyenne de 20 %. Mais ça, c’est une autre histoire. Et cela donnera lieu, à coup sûr, à un prodil différent du marché des voitures de société. Et si, en parallèle, le gouvernement met en oeuvre son plan complet de révision des déductibilités, nul doute que ça pourrait faire un mal…

 

 

 

 

 

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