Alain Yvon (Arval): « Ne parlons pas du WLTP à l’imparfait »

Alain Yvon Arval

Alain Yvon a accordé une interview au magazine FLEET, à paraître dans quelques semaines. Il y traite tous les sujets qui font l’actualité du secteur fleet. Y compris le WLTP, dont « nous n’avons vu jusqu’ici qu’une partie des implications ».

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Il y a un an, l’entrée en vigueur du WLTP chamboulait le marché automobile. Comment avez-vous vécu ce bouleversement ? 

Il ne faut pas en parler à l’imparfait, car nous n’avons vu jusqu’ici qu’une partie des implications de cette nouvelle norme. Aujourd’hui, nous travaillons encore avec une valeur intermédiaire, celle du NEDC 2.0. Celle-ci montre déjà une augmentation des valeurs CO2. L’impact sera plus fort encore quand on utilisera les valeurs « réelles » du cycle WLTP. Mais pour revenir à la question, cette transition fut très compliquée pour tous les intervenants sur le marché. Beaucoup de nos clients avaient établi des plafonds CO2 dans leur car policy et se demandaient s’ils devaient les revoir ou non. Certains constructeurs n’ont pas pu garantir le niveau d’émissions d’une série de modèles au moment où nous devions les commander. De ce fait, nous aussi, nous avons dû avancer à l’aveugle durant quelques mois. –

« Nous conseillons aujourd’hui à nos clients de ne plus avoir de car policy, mais une mobility policy. »

Alain Yvon, general manager d’Arval Belgique

Vous parliez de car policy. Vos clients ont-ils plutôt choisi d’en adapter les valeurs CO2 ou pas ?

Il n’y a pas eu de réelle tendance nette d’un côté ou de l’autre. Ceci étant dit, nous conseillons aujourd’hui à nos clients de ne plus avoir de car policy, mais une mobility policy. Les entreprises doivent se rendre compte qu’il ne suffit pas de traiter le sujet « voitures » pour avoir traité réellement le sujet « mobilité ». Réfléchir, par exemple, à une politique de homeworking fait partie d’une stratégie de mobilité.  Personne ne vend un service de télétravail, bien sûr. Mais nous exhortons les gestionnaires à se poser ce type de questions et d’y penser dans une stratégie globale de mobilité.

Alain Yvon Arval
Alain Yvon (Arval Belgique) : « Nous débutons un tournant vers une mobilité plus verte et plus propre mais ce dernier n’est pas à 180° ».

Que conseillez-vous aux clients aujourd’hui, sachant que la fiscalité va changer en 2020 et (probablement) l’utilisation des valeurs WLTP en 2021 ?

Le conseil n’est pas très différent de celui qu’on donne habituellement. Il faut apporter un conseil adapté aux besoins du client en extrapolant au mieux le futur au niveau de la fiscalité. Nous savons et nous prenons en compte le fait que nous débutons un tournant vers une mobilité (au sens large) plus verte et plus propre mais ce dernier n’est pas à 180°.

Ces évolutions attendues provoquent-elles un comportement d’attente de la part des flottes ?

Nous avons connu une tendance à la prolongation des contrats durant quelques mois en 2018, pour des raisons d’ordre technique liées au WLTP. Mais aujourd’hui, nous ne le ressentons plus vraiment.

Il y a un certain nombre de cas où le TCO est même très favorable à l’électrique.

Alain Yvon (Arval)

Se tournent-elles (plus) massivement vers des véhicules propres ?

Alain Yvon Arval
Alain Yvon (Arval Belgique), à propos de la voiture électrique : « Il existe aujourd’hui toujours des freins ».

Les solutions hybrides connaissent un incroyable engouement, oui, tandis que les véhicules électriques stagnent un peu au niveau de leur progression. Ils correspondent pourtant parfaitement aux besoins de certains clients. Il y a un certain nombre de cas où le TCO est même très favorable à l’électrique.

Arval Belgique est là aussi pour conseiller ses clients et les aider à opter pour la solution la plus adaptée à leur besoin que cela soit l’hybride, le diesel, l’essence ou l’électrique. 

Pour en revenir à l’électrique, il existe aujourd’hui toujours des freins comme la différence du prix d’achat par rapport aux motorisations à combustion, le choix limité dans les segments de voitures urbaines et compactes, le réseau de bornes de rechargement publiques limité par rapport à quelques pays voisins. Sans oublier l’investissement important dans une borne privée sans connaître le cadre fiscal futur.

Mais d’ici 2020, les constructeurs vont lancer une vague de nouveaux modèles électriques plus performants. L’offre va alors s’élargir aux segments de volume et se démocratiser. Ensuite, il faudra encore un peu de patience pour que le réseau public des bornes de rechargement se développe davantage et pour que le nouveau gouvernement lève le voile sur l’aspect fiscal.

#Fleet Management

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