Combien vous coûtera la taxe kilométrique bruxelloise en 2022 ?

Nous savions déjà qu’une taxe kilométrique – alors que tout le monde parle de péage urbain – figurait dans les cartons du gouvernement bruxellois. Mais même au sein de la majorité, il y avait encore des discussions sur les modalités. Ces problèmes semblent maintenant résolus, car la tarification routière vient d’être approuvée par le gouvernement de Bruxelles. La taxe kilométrique dans la Région de Bruxelles-Capitale sera introduite en 2022 avec l’objectif de réduire l’usage de la voiture individuelle de 25% à l’horizon 2030.

Combien ça va coûter ?

Tout d’abord, pour les Bruxellois, la taxe de circulation et la taxe de mise en circulation (TMC) sont toutes les deux supprimées, tant pour les voitures que pour les camionnettes. La TMC restera toutefois d’application pour les véhicules à partir de 15 chevaux fiscaux (considérés comme des voitures de luxe).

Les non-Bruxellois pourront investir dans un pass à la journée. Son coût : 6 euros. Pour ceux qui se rendraient 200 ou 250 jours par an à Bruxelles, c’est une note piquante qui s’annonce.

Pour l’instant, la Région entend instaurer un tarif de base par jour d’utilisation auquel viendra s’ajouter un tarif kilométrique qui variera selon les tranches horaires. De 7h à 10h et de 1h à 19h, ce sont les heures de pointe. De 10h à 15h, ce sont les heures creuses.

Concrètement, on parle d’un montant de 2 euros pour l’heure de pointe et d’1 euro pour les heures creuses. Ce montant devra être multiplié par un facteur allant de 0 à 6 selon les chevaux fiscaux.

Jusqu’à 7 chevaux fiscaux, pas de tarif de base à payer. A partir de 20 chavaux fiscaux, le tarif de base est multiplié par 6.

Pour ce qui est du tarif kilométrique, il est fixé à 0,20 euro/km en heure de pointe et à 0,08 euro/km en heure creuse.

Selon nos projections, l’utilisation d’une voiture jusqu’à 7 chevaux fiscaux pour 20 km en heure de pointe (et ce, 200 jours de travail par an) coûtera 800 euros par an. Si l’on ajoute encore 20 km en périodes creuses, la facture grimpe à 1.120 euros par an.

Autre simulation avec une voiture de 11 chevaux fiscaux, pour 20 km en heures de pointe et 200 jours par an : 1.200 euros. Ajoutez 20 km en heures creuses, et ça passera à 1.520 euros.

L’usage des routes bruelloises le soir (après 19 heures) et le week-end sera gratuit. C’est déjà ça de pris.

Ouf, on nous annonce le développement d’une application aussi intelligente que la taxe.

Les premiers tests seront effectués en 2021 avec l’objectif de lancer ce modèle de taxation dans le courant de l’année 2022.

Et maintenant, place à la discussion

Le gouvernement bruxellois veut désormais discuter avec les partenaires sociaux et avec les autres Régions. Ce sera une discussion difficile. En effet, les plans bruxellois ont déjà fait l’objet de vives critiques de la part de la Flandre et de la Wallonie. et ce, avant même qu’ils ne soient présentés officiellement.

Les deux Régions dénoncent le fait que cette nouvelle taxe viendra s’ajouter à leurs propres taxes. Si vous faites la navette vers Bruxelles, vous payez toujours la TMC et la taxe de circulation annuelle dans vore Région, en plus de la taxe kilométrique.

Plusieurs fédérations sectorielles ont déjà exprimé leur mécontentement, et elles craignent elles aussi que les navetteurs soient les principales victimes de cette double imposition.

Touring : « BadMove plutôt que SmartMove »

Porte-parole de l’organisation de mobilité Touring, Danny Smagghe a réagi par un jeu de mots : « C’est davantage un BadMove qu’un SmartMove. Nous ne sommes pas favorables à l’introduction unilatérale d’un péage urbain. Nous préférons un système général pour toute la Belgique, basé sur une tarification kilométrique intelligente. Maintenant, d’autres Régions vont avoir le couteau sur la gorge et vont devoir venir avec des propositions et des tarifs ».

Une affaire juridique ?

Quoi qu’il en soit, cette consultation a posteriori semble déjà être une mesure pour rien. La ministre bruxelloise de la Mobilité Elke Van den Brandt (Groen) souligne que ce déploiement est inclus dans l’accord de coalition, et qu’un accord avec les Régions n’est pas nécessaire.

La ministre flamande de la mobilité, Lydia Peeters (Open VLD), a déjà menacé de poursuites judiciaires si Bruxelles devait introduire la taxe unilatéralement. Aujourd’hui, elle dit qu’elle « prend note » de la décision de Bruxelles.

Le ministre wallon du budget, Jean-Luc Crucke (MR), a déjà déclaré par le passé qu’il n’hésiterait pas à rapatrier les institutions wallonnes encore installées à Bruxelles si cette taxe venait à être introduite unilatéralement. Les critiques sont également vives du côté de l’opposition. « Bruxelles ne cherche évidemment pas une solution de mobilité, mais de nouvelles recettes fiscales », a déclaré Julien Matagne du cdH.

Cette discussion pourrait donc devenir une bataille juridique plutôt qu’une consultation politique, avec la double imposition au centre de l’affaire.

Bannir la voiture de Bruxelles

Avec l’introduction de cette taxe kilométrique, Bruxelles continue tranquillement sa politique visant à interdire autant que possible la voiture dans la ville. En témoigne également l’introduction générale d’une zone 30 km/h sur tout le territoire de Bruxelles, à l’exception des grands axes de circulation.

#Auto #Mobility

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