FLEET Mobility Manager of the Year 2019: Piet Vandendriessche et Annelies Vermeire – Deloitte Belgium

Deloitte Belgium s’est défini une mission ambitieuse : réduire ses émissions de CO2 de 25% d’ici 2021. Et pour atteindre cet objectif, la société d’audit et de consultance a opté pour une approche globale et profondément réfléchie. Le plan de mobilité qui en fait partie intégrante ne se veut pas anti-voiture, mais préconise une flotte plus ‘verte’ et une mobilité alternative pour réduire son utilisation de 10%. C’est un bel exemple d’entreprise qui ne se contente pas de penser à la mobilité de ses collaborateurs, mais qui entreprend des démarches pour faire bouger les choses. Bref, un titre de Fleet Mobility Manager of the Year amplement mérité.

Cette année, le titre de Fleet Mobility Manager of the Year a été décerné à deux personnes : Piet Vandendriessche, CEO, et Annelies Vermeire, Fleet & Mobility Manager chez Deloitte Belgique. A eux deux, ils forment le moteur du plan de mobilité de la société.

Politique durable

« Avec notre politique durable, nous avons pris l’engagement en 2017 de réduire nos émissions de CO2 de 25% d’ici 2021. Nos émissions de CO2 proviennent de trois sources : les bâtiments (10%), les voyages d’affaires en avion (22%) et l’utilisation de la voiture (68%) », explique Piet Vandendriessche.

FMMOY 2019 Deloitte

Ils ont donc planché sur ces trois sources de CO2.

Piet Vandendriessche : « Il y a deux ans, nous avons déménagé au Gateway. Nos nouveaux bureaux sont désormais situés à proximité immédiate de l’aéroport. Les émissions de CO2 y Gateway sont inférieures de 40% par rapport aux quatre anciens bâtiments de Deloitte. Grâce à la présence de l’aéroport, Gateway est parfaitement desservi par les transports en commun. Nous avons accès à des trains directs vers Bruxelles, Louvain, Anvers et Gand et à un vaste réseau de plus de 600 bus quotidiens. Le nouveau bâtiment est également pourvu de parkings pour vélos, de bornes de chargement pour les voitures électriques et d’un parc de voitures partagées. Mais ce n’est pas tout. Les déplacements professionnels à destination des capitales voisines, comme Londres, Paris et Amsterdam, ne se font plus qu’en transports publics. Et nous privilégions les téléconférences afin de limiter les voyages en avion. »

La voiture reste donc la principale pierre d’achoppement !

10% de kilomètres en moins

Deloitte s’est fixé pour objectif de réduire de 10% le nombre de kilomètres parcourus par ses 4000 collaborateurs, dont près de 3000 disposent d’une voiture de société. Leur plan de mobilité ne cherche pas à bannir la voiture, mais d’en réduire l’utilisation. Avec son engagement de réduire de 10% le nombre de kilomètres parcourus, l’organisation veut minimiser les embouteillages. Un Belge perd en moyenne plus d’une semaine de travail par an dans les embouteillages, si l’on en croit le Global City Mobility Index de Deloitte. Un fléau qui représenterait pas moins de 4 à 8 milliards d’euros de dommages économiques.

Piet Vandendriessche : « Deloitte veut assumer son rôle d’acteur durable au sein de la société et c’est pourquoi nous avons pris l’initiative d’un plan de mobilité multimodal. Nous ne voulons pas attendre que le cadre politique et les infrastructures belges s’adaptent à la réalité actuelle. Nous préférons encourager nos collaborateurs à réfléchir au moyen de transport qui correspond le mieux à leurs besoins individuels. Ils sont conscients de la problématique de la mobilité, ils en font partie, mais ils ont besoin d’un petit coup de pouce pour faire partie de la solution. Nous employons beaucoup de jeunes – nous en embauchons 500 par an – et nous remarquons qu’ils sont favorables aux alternatives. Nous avons aussi soutenu cette transition avec ce que nous appelons le ‘mobility trial’. Il s’agit de stimulants positifs, comme la semaine du co-voiturage, la semaine vélo, etc. Ce sont d’excellents moyens de promouvoir ces alternatives. C’est avec cette approche qu’au début de l’été 2018, nous avons lancé notre plan de mobilité. »

Un plan, quatre piliers

Le plan de mobilité de Deloitte repose sur quatre piliers : la voiture, le carburant, le stationnement et le concept MaaS (Mobility as a Service).

Annelies Vermeire en explique les principes : « Dans le passé, nous proposions une liste de 130 modèles de voitures différents. Aujourd’hui, elle n’en compte plus qu’une quinzaine. Nous voulons aussi bannir l’idée de la voiture comme symbole de statut. Pour ce qui est de l’alimentation, nous investissons dans une flotte plus verte, avec une préférence pour les moteurs hybrides, électriques et essence. Le diesel a encore sa place, mais uniquement si le profil de déplacement du collaborateur le justifie. Nous avons également adopté des plafonds en matière d’émissions de CO2 : 140 g pour les diesels et 150 g pour les moteurs à essence. »

FMMOY 2019 Deloitte

« Nous cherchons à promouvoir l’électrique, notamment grâce à une borne de rechargement à domicile. En ce qui concerne les moteurs à combustion, nous avons aussi plafonné le montant autorisé des cartes-carburant, afin de réduire le nombre de kilomètres parcourus aux frais de la société. Nous continuons à autoriser les kilomètres privés, mais désormais, les frais de carburant sont supportés par l’utilisateur. C’est un autre exemple de mesure dissuasive destinée à privilégier les alternatives. Idem en ce qui concerne le stationnement. Les gens peuvent décider eux-mêmes de se garer moins souvent au siège central, avec évidemment une contrepartie, comme par exemple un vélo pour se rendre à la gare ou un abonnement de train. »

« Il n’est donc pas question d’interdire quoi que ce soit, mais plutôt d’encourager d’autres modes de déplacement. Parmi les innovations développées en interne chez Deloitte, citons encore la possibilité de combiner les différents modes de transport via une appli mobilité qui calcule en temps réel le chemin le plus rapide des différents modes de transport jusqu’à destination et qui renseigne les opportunités de parking. Le vélo a aussi un rôle important à jouer avec des vélos partagés et la possibilité d’acquérir des vélos pliables ou électriques, en leasing ou via un plan cafétéria. Mon équipe compte six personnes disposées à répondre aux questions des collaborateurs à propos de leur mobilité. Nous en tirons aussi des enseignements quant à la situation, aux solutions envisageables, etc. C’est une donnée dynamique. Nous comptons parmi nos collaborateurs divers profils de déplacement. Impossible d’imaginer une solution standard pour tous. C’est donc un vrai concept MaaS que nous proposons. »

La conclusion revient à Piet Vandendriessche : « Bien qu’il soit encore trop tôt pour tirer toutes les conclusions, nous observons déjà une réponse très positive au sein de la société. 42% des collaborateurs ont accepté de modifier leurs habitudes de déplacement. Un pourcentage qui ne peut qu’augmenter au fur et à mesure que les gens se rendront compte que le plan de mobilité fonctionne. Le travailleur s’y retrouve, puisqu’il perd moins de temps dans les embouteillages et pour l’entreprise, cela signifie aussi moins de perte de temps et une empreinte écologique moindre. »

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Tags: Mobility