FLEET Research, partie 5 : Quel impact de la nouvelle fiscalité sur le marché à l’horizon 2030 ?

Dans le cadre d’une étude sur l’évolution des ventes de voitures à l’horizon 2026-2030, la rédaction de FLEET(.be) a obtenu des projections réalisées par le Centre de connaissances de Febiac, dirigé par Michel Martens. Celles-ci tiennent compte à la fois des objectifs CO2 européens et de l’électrification des voitures de société à partir de 2026. Voici ce que ça donne.

L’IMPACT SUR LES IMMATRICULATIONS DE VOITURES NEUVES – Marché global

Voici à quoi devraient ressembler les immatriculations de voitures neuves à terme :

  • En 2025 :
    • 29% de BEV (145.000 unités)
    • 25,5% de PHEV (127.500 unités)
  • En 2026 :
    • 45% de BEV (225.000 unités)
    • 15,5% de PHEV (77.500 unités)
  • En 2030 :
    • 65% de BEV (325.000 unités)
    • 12,5% de PHEV (62.500 unités)
  • L’IMPACT SUR LES IMMATRICULATIONS DE VOITURES NEUVES – Particuliers vs Sociétés

« En 2026, toutes les voitures de société doivent être ‘zéro émission’ pour bénéficier d’une déductibilité fiscale. Nous estimons qu’il y aura malgré tout encore un marché fleet ‘non-électrique’ d’environ 20% (dont 15% de PHEV), notamment là où les écosystèmes de bornes de recharge ne seront pas satisfaisants », explique Michel Martens, directeur du Centre de connaissances de FEBIAC.           

Voici donc à quoi ressembleront les immatriculations à l’horizon 2030 :

Sociétés :                                                                        Particuliers :

* 100% de BEV (250.000 unités)                               * 30% de BEV et d’essence (75.000 chacun)

                                                                                          * 25% de PHEV (62.500)                              

* 15% de diesel (37.500)

  • IMPACT SUR LE PARC AUTOMOBILE

Les projections en termes d’immatriculations ont été traduites en termes d’impact sur le parc automobile global. « Dans notre postulat de départ, nous supposons que 50% des voitures de société électriques et 25% PHEV de société en fin de contrat (de cinq ans, dans notre modèle) vont être mis sur le marché de l’occasion en Belgique, par manque d’infrastructure de recharge dans les pays de destination habituels des fins de contrats belges », commente Michel Martens (FEBIAC).

Il poursuit : « Sans la fiscalité visant à verdir les voitures de société, le parc automobile aurait dénombré moins de 750.000 voitures 100% électriques en 2030. Avec la nouvelle fiscalité, on passe à plus de 1,5 million d’unités entièrement électriques. Tout cela au détriment des plug-in hybrides qui d’un scénario  de 915.000 unités avec les seuls objectifs européens devraient passer à 534.000 unités en ajoutant la fiscalité fédérale sur les voitures de société. »

3 questions à Michel Martens (FEBIAC)
« Les flottes participeront à l’électrification du marché des particuliers »

Il est probable que le marché automobile baisse (légèrement) dans les prochaines années. Confirmez-vous cette information ?

Nous en avons tenu compte dans toutes nos projections, tablant sur un marché du neuf à environ 500.000 unités par an. Alors que les dernières années pré-Covid, nous connaissions un marché avoisinant les 550.000 voitures neuves immatriculées chaque année.

Doit-on s’attendre à une régression du marché fleet ?

J’y vois une tendance à la baisse, avec cependant une possibilité de rattrapage. Je m’explique. Avec l’électrification et surtout une tendance au télétravail davantage structurel, nous nous attendons à ce que le standard des contrats de leasing passe de 4 ans/120.000 km à 5 ans/100.000 km, diminuant ainsi la vitesse de rotation et de renouvellement des voitures de société. Si l’on considère à nouveau un marché global neuf à 500.000 unités avec 50% fleet et 50% particuliers, nous risquons d’assister à une légère diminution du marché fleet.

Dans le même temps, avec la fiscalité favorisant les voitures de société ‘zéro émission’, il est clair que le marché fleet sera crucial pour décarboniser et atteindre les objectifs européens. Il est fort possible que, pour une question d’image verte notamment, les sociétés proposent davantage de voitures de société à partir de 2026, histoire d’aider les particuliers à verdir leur mobilité automobile. Et donc, le marché fleet pourrait récupérer là la légère diminution due à une rotation plus lente.

L’électrification du marché des particuliers devra-t-elle son salut aux voitures de société ?

À partir de 2025, les modèles électriques actuels qui circulent dans les flottes d’entreprises vont débarquer sur le marché de l’occasion. Dans les pays de l’Est, canaux traditionnels d’exportation des voitures arrivées en fin de contrat, ni l’infrastructure, ni même la mentalité ne sont prêtes pour accueillir des véhicules électriques (de seconde main). Une partie du volume belge pourra sans doute être écoulée dans des pays européens s’appuyant sur un écosystème favorable à la voiture électrique, comme c’est le cas aujourd’hui aux Pays-Bas, en Finlande ou encore en Norvège… Mais dans l’hypothèse où 50% de ce volume reste sur le marché belge, ceci pourrait participer à l’électrification du parc des particuliers…

Téléchargez gratuitement l’étude

Dans cette étude consacrée à l’évolution de la vente automobile à l’horizon 2030, vous retrouverez de nombreux témoignages de professionnels, ainsi que des chiffres et projections éclairants.

Vous pouvez la téléchargez gratuitement ici.

#Auto #Fleet Management

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