Linda Jackson (CEO Citroën) « Uniquement du premium dans le segment B2B ? Non, les SUV sont la tendance principale ! »

À la tête du constructeur automobile français Citroën, on retrouve une Anglaise. Elle s’appelle Linda Jackson et elle nous a accordé une entrevue. Et même la question du Brexit a pu être abordée !

La Belgique compte une part de marché importante de véhicules de flottes. Mais ce marché est dominé par les marques premium. Quelle est l’ambition de Citroën dans ce segment ?

Notre part de marché totale était de 5,2 %, et je pense qu’on peut faire mieux. C’est aussi possible dans le segment des voitures de société, où le premium est important, certes, mais aussi et surtout le segment des SUV. C’est pourquoi j’attends beaucoup du C5 Aircross, qui est vraiment une alternative à part entière aux marques premium sur le plan de la qualité, du confort de conduite et de la technologie. Pour nous, il s’agit vraiment de mettre un pied dans la porte, surtout à l’égard des user-choosers qui essaient la voiture. Nous laissons les qualités de la voiture s’exprimer.

Avec la préférence accrue pour l’utilisation plutôt que la possession de voiture, l’industrie automobile fait face à un grand défi. Quelle est votre vision d’une utilisation plus flexible de la voiture, sans achat, comme par exemple le car sharing ?

Avec free2move, au sein du groupe PSA, nous avons déjà depuis un service qui joue depuis un certain temps sur cette tendance. Des tests sont en cours dans des grandes villes comme Lisbonne et Madrid. Je pense qu’aucun constructeur n’en fait déjà aujourd’hui un modèle d’entreprise lucratif… Mais d’un autre côté, il faut bien être pionnier. Attendre qu’une tendance se confirme, pour arriver ensuite avec un produit ou un service n’est pas une option. Car alors, c’est trop tard. Mais j’y crois sérieusement – surtout dans la mobilité urbaine. Tout le monde finira-t-il par partager sa voiture à l’avenir ? Non. Mais les jeunes qui demandent plus de flexibilité et des services intelligents, sont sans aucun doute le premier groupe cible. C’est souvent une question de budget et ils ont d’autres priorités, comme acheter une maison notamment. Mais une fois qu’ils sont installés, avec des enfants, ils deviennent alors des clients potentiels pour l’achat d’une voiture.

Dernière question : en tant qu’Anglaise à la tête d’un constructeur automobile français, que pensez-vous du Brexit ?

L’incertitude que cela crée est horrible. Et personne ne sait vers où on va. Citroën exporte au Royaume-Uni ; en volume, c’est le cinquième plus gros marché. Si à l’avenir, nous sommes confrontés à des droits d’importation et des cours changeants, cela peut avoir des conséquences importantes. Et avec cette incertitude, il est très difficile de se préparer aux différents scénarios possibles. Plus vite on y verra clair, mieux ce sera.

Retrouvez l’interview de Linda Jackson dans son intégralité dans le magazine FLEET.

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