Essai longue durée Toyota Yaris: Bas de laine

C’est avec regret que nous nous séparons de notre Toyota Yaris. Après trois mois de test intenses, nous dressons le bilan de cette hybride japonaise. S’est-elle révélé être un vrai bas de laine ou la propulsion hybride est-elle moins efficace en situation réelle ?

On commence par la question qui brûle toutes les lèvres, la raison pour laquelle nous avons volontiers accueilli une voiture hybride dans notre flotte d’épreuve d’endurance : une si petite batterie a-t-elle vraiment une influence bénéfique sur la consommation ? Petit rappel : la norme de consommation de la Yaris est de 3,3 l/100 km selon les anciennes normes NEDC.

Dans la vraie vie, c’est devenu 5,1 l/100km. Une assez bonne prestation donc, d’autant qu’on remarque que le moteur électrique fait vraiment la différence dans certaines circonstances. Dans un environnement urbain, où l’on doit souvent freiner (régénérativement) et ne pas rouler plus vite que 50km/h (environ le maximum de la capacité du moteur électrique sur routes planes), nous atteignions en effet 4,5 l sur notre rapport de consommation. Bien utilisé, le bas de laine japonais vous permet donc de faire d’agréables économies. Si vous prenez souvent l’autoroute, d’un ami qui vous donne régulièrement un coup de pouce le moteur électrique se transforme en un poids mort à traîner. Résultat : des chiffres au-dessus des 5,5l.

Moulin à café

Maintenant qu’on s’est débarrassé du sujet sensible, on peut s’intéresser aux autres aspects de la voiture. La Yaris a été équipée de nouveaux supports moteur, dispositif antiroulis, arbres de transmission avant et faux-châssis, censés réduire le bruit, surtout en accélération. Toyota ne semble toutefois pas y être tout à fait parvenu. Avec la boîte de vitesse CVT de la voiture japonaise, vous êtes immanquablement tracté au son d’un moulin à café un peu rouillé lorsque vous mettez les gaz et donc montez dans les tours.

Ceci étant dit, le système de variation continue excelle tout de même dans un autre domaine. La CVT combine de manière optimale le moteur électrique et à combustion. À charge faible et moyenne, le quatre cylindres sait se rendre parfaitement silencieux, si bien qu’on devait de temps à autre jeter un œil sur le tableau de bord pour savoir si on roulait à l’électrique ou non.

Daily driver

Au niveau du comportement de conduite, la Yaris se montre assez dynamique. Dès qu’on gagne de la vitesse, elle sait parfaitement aborder un virage. Aidée par sa petite taille, ses porte-à-faux courts et ses bonnes suspensions, la petite Japonaise nous a offert un réel plaisir de conduite.

À l’intérieur, la Yaris souffle à nouveau le chaud et le froid. Oui, il y a beaucoup de plastique dur et la finition pourrait sans aucun doute être mieux à certains endroits, l’écran bleu de l’air conditionné est par exemple vraiment daté. Et oui, l’écran central réagit assez lentement et a une basse résolution en comparaison aux tablettes que l’on rencontre chez bon nombre de ses concurrents. Il nous manque de surcroît l’Apple Car Play ou l’Android Auto, par exemple.

Mais une fois assis dans la voiture (aux normes du segment B), vous ne manquerez jamais de place pour les jambes ou d’espace au-dessus de votre tête, pourrez ranger ce que vous voulez dans les compartiments intégrés aux portes et profiterez des sièges confortables qu’offre la Yaris. C’est seulement au niveau du volume du coffre (de 286 litres) que la Japonaise fait vraiment moins bien que ses concurrents. En comparaison : la Nissan Micra de notre dernier test d’endurance allait jusqu’à 300 litres, tandis que la Volkswagen Polo atteignait même 355 litres.

Conclusion

Après trois mois dans notre flotte de test, nous étions surpris du plaisir qu’on peut avoir à conduire en hybride. Manipuler la pédale de gaz pour rouler uniquement sur le moteur électrique ou remarquer sur l’écran central que de l’énergie est à nouveau récupérée pour la batterie, ça apporte une certaine satisfaction. Surtout quand on peut constater le résultat de ses efforts à la pompe.

Cela étant, la réponse à la question de savoir s’il faut intégrer la Toyota Yaris à sa flotte reste double. Le secteur automobile connait une période d’hyperspécialisation : on essaie de remplir tous les critères pour convaincre le plus de conducteurs possibles. Et si vous entrez dans le domaine de la Yaris, soit une personne qui roule principalement en ville par exemple, la Japonaise sera sans aucun doute un bon compagnon de route. Mais si sa spécialité n’est pas la vôtre, notamment parce que vous avalez des kilomètres sur l’autoroute, vous pourrez trouver de meilleures alternatives – également dans la gamme Toyota.